Blog d'Yves MASSOT
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MES ESSAIS

La gratuité des transports en commun

par Yves MASSOT - Fait à Tours le 16 août 2019

Les principes de base :

1°) La gratuité des transports en commun a pour corollaire automatique la prise en charge des transports publics par le budget des collectivités donc l’impôt.

2°) Dans notre société consumériste, ce qui apparaît comme « gratuit » devient rapidement dépourvu de toute valeur et de respect.

3°) Le transport payant positionne l’usager en client et le prestataire en fournisseur ; il s’instaure alors une relation d’échange commercial positif.

4°) Pourquoi se priver de la contribution des usagers solvables ?

 

Les villes pratiquant la gratuité : Aubagne, Compiègne, Châteauroux, Vitré, Gap, et Noyon (60) ont décidé de procéder à la gratuité des transports mais ces villes ont en même temps modifié l’offre de transport ; l’impact de la gratuité n’a pas pu être apprécié sur une longue durée. On pourra noter que les élus de la ville de Châteauroux sont très satisfaits de leurs décisions en déclarant «  ces résultats ont permis de rendre les transports plus attractifs grâce à la gratuité, à  la refondation du réseau et à la rénovation de nouveaux quartiers ».

 

Les villes qui ont abandonné le transport gratuit : La gratuité prive les organisateurs des transports d'une partie des recettes. ''Dans la plupart des villes, la priorité serait davantage de développer le réseau et l'offre de transport. C'est l'avis des villes qui ont abandonné la gratuité'', comme Castellón (Espagne) qui a appliqué la gratuité de 1990 à 1997 ou Bologne (Italie) de 1973 à 1977.

Par ailleurs, c’est en raison de son coût excessif que des grandes villes (Bologne, en Italie, Castellon de la Plana, en Espagne, Hasselt, en Belgique, Sheffield et Rotherham, en Angleterre, Seattle, aux États-Unis d’Amérique) et des villes plus petites (Templin et Lübben, environ 15.000 habitants, en Allemagne ; Trebon, 9.000 habitants, en République tchèque ; Kristinehamm, 24.000 habitants, en Suède) ont fini par abandonner la gratuité. Bologne dispose aujourd’hui d’un remarquable réseau de transport urbain et périurbain qui n’aurait jamais vu le jour si la gratuité avait été pérennisée.

 

Les critères à prendre en compte :

  • Les coûts liés à la billetterie, à l’encaissement, au contrôle et à la gestion de la fraude doivent être pris en compte dans la gestion des transports payants.
  • 4 chômeurs sur 10 refusent un emploi faute de moyens de transport.
  • Un progrès de 1% de l'efficacité des transports (indicateur de la vitesse moyenne) élargirait de 1,39% à 2,25% la taille effective du marché́ de l'emploi, et cette dernière augmenterait ainsi de 0,24 à 0,56% la productivité de l'agglomération.
  • La répartition des ressources à Tours s’établit de la façon suivante :
  1. Les employeurs (Taxe Versement Transport) 46%
  2. Les collectivités territoriales (impôt) 35,5%
  3. Les voyageurs (recette commerciale) 16,5%
  4. L’état 2%

L’expérience de Grenoble : Grâce à l’amélioration de l’offre de transport et de l’information, Grenoble, a augmenté la fréquentation des transports collectifs de 25% en 3 ans pour atteindre 58 millions de voyageurs dont 25 millions par le tram tout en maintenant le transport payant.

 

Tordons le cou aux idées reçues : Ce qui fait l’attractivité des transports en commun, c’est le confort, la cadence, la rapidité, la proximité des arrêts avec le domicile et le lieu de travail, le maillage, les ruptures de charge minimums (en nombre et en temps), l’accessibilité pour tous, le coût, la climatisation, la facilité d’accès aux horaires (appli portable). Selon une enquête de « Statista Research Department », les principaux critères dans le choix des moyens de transport viennent par ordre d’importance :

  1. la facilité d’usage,
  2. le temps de trajet, 
  3. le coût, 
  4. le confort, 
  5. la sécurité, 
  6. l’impact sur l’environnement. 

Une fois de plus on peut constater que la mobilisation pour l’environnement est omniprésente dans les discours mais beaucoup moins dans les actes.

 

Une tarification pour une meilleure équité : Unetarification solidaire (Strasbourg) peut assurer le droit à la mobilité, elle peut même impliquer la gratuité pour les plus démunis.

C’est dans cet esprit que TMVL a opté pour une tarification proportionnelle au quotient familial. 
La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) est défavorable à la gratuité pour tous, mais favorable à la gratuité pour ceux qui en ont besoin.

 

L’automobile en référence : Un site très spécialisé précise à la fin d’une étude sur la qualité de l’offre et usage du transport public en milieu urbain : « La qualité de l’offre de transport public estimée très finement apparaît en effet comme une variable incontournable à prendre en compte pour expliquer l’usage des  transports en commun. Toutefois, analysée individuellement, la qualité de l’offre seule ne parvient pas non plus à en expliquer l’usage. Ce n’est qu’en la comparant avec l’accessibilité fournie par l’automobile, principale concurrente, que l’on parvient à mieux comprendre, sur un ensemble de trajets donnés, les ressorts du choix modal. »

Le courage politique : la notion de gratuité détourne l’attention du problème de fond : la place excessive de la voiture dans l’espace public. Dans les villes qui l’ont instaurée, la gratuité sert souvent d’alibi pour éviter d’avoir à prendre des mesures impopulaires auprès des automobilistes. Les usagers des transports, les citadins et les contribuables attendent des élus non pas des solutions de facilité, démagogiques car le risque (celui d’une paupérisation du transport public) n’est pas énoncé, mais du courage politique.

 

Taxe Versement Transport (TVT) : Les transports sont financés par les entreprises publics et privées (au dessus de 9 personnes) par la Taxe Versement Transport (TVT) perçue par l’URSAFF et reverser aux organismes organisateurs des transport en commun. Les périodes de sous activité comme celles que nous traversons défavorise aussi fortement la TVT. TMVL a porté son taux de TVT à 2% comme la loi lui autorise étant un territoire à forte attractivité touristique.

 

L’effet tramway : L’arrivée du tram dans une ville a également d’autres effets positifs, notamment l’incitation à des recompositions urbaines, des aménagements de l’espace public (voirie, Parkings relais, trottoirs, plantations...) ou d’autres opérations d’urbanisme (création de logements, de commerces ou de centres d’activité́).

 

La dualité entre transport privé et public : En France, la somme totale dépensée par les ménages pour les transports atteint 147 milliards d'€ dont 126 milliards d'€ pour les modes individuels de transport et 20,6 milliards d'€ pour les transports en mode collectif, dont 3,5 milliards d'€ en transports urbains de voyageurs. ''Ainsi un ménage moyen consomme énormément plus pour sa voiture individuelle, que pour le train, ou le transport collectif urbain. Le défi est donc de faire en sorte qu'une partie des dépenses consenties pour l'automobile par les ménages se reporte vers les transports collectifs'', conclut la fédération.

Une enquête quantitative menée par l'Institut Wallon d'études, de recherches et de formation (IWERF) en mai 1996 montrait que l'un des freins à la fréquentation des transports en commun était leur mauvaise image auprès des citoyens. ''Considéré comme une obligation, son usage ne suscite aucun plaisir. Au contraire, la voiture représente l'espace privé par excellence''(Revue de presse - Selon le site Actu-environnement)

 

Pas de hausse flagrante de la fréquentation des transports avec la gratuité : ’’À très court terme, la gratuité des transports en commun peut faire exploser la fréquentation qui diminue ensuite'', notait le programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres (Predit). ''En comparant des villes avec des transports en commun payants d'une taille voisine de celles pratiquant la gratuité, on constate qu'il n'y a pas de corrélation directe entre niveau de prix et usage'', poursuit le rapport. C'est seulement accompagnée de mesures (politique de stationnement, voies de circulation spéciales) que la gratuité aurait réellement un impact sur la fréquentation. La qualité de l'offre (amplitude, fréquence, régularité) serait davantage déterminante dans une augmentation de report modal.

 

La gratuité renforce la fracture territoriale : Selon Jean Sivardière, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut),la gratuité renforce la fracture territoriale entre les villes où le transport est gratuit mais l’offre médiocre, voire indigente, et les métropoles dont les habitants disposent d’une offre correcte et où, peu à peu, le rôle de la voiture régresse.

Une tarification solidaire (Strasbourg) peut assurer le droit à la mobilité, elle peut même impliquer la gratuité pour les plus démunis. 

Conclusions :

  1. La gratuité n’est pas un critère unique et déterminant pour mener une politique de développement quantitatif et qualitatif des transports en commun.
  2. La voiture ne doit pas être le mode de transport à bannir mais à transposer en mode collectif. Une approche psychologique, sémiologique, philosophique et sociologique commandée par le ministère de l’équipement, des transports et du logement  a été réalisé par un groupe d’expert sous l’égide du CERTU. Son titre est révélateur « La voiture, cet incontournable objet de désir » dite aussi « l’objouet » (à disposition sur Internet)
  3. Pour développer les transports en commun, il faut travailler sur 4 leviers : l’investissement, les usages, l’image et la communication (TIC).

Coup de gueule !

L’écologie n'est pas rentrée dans tous les logis ! L'écologie et l'environnement sont présents dans les discours, les intentions, les vœux, les rêves, les espérances et maintenant dans les défilés et autres marches blanches. Mais dans la réalité, le français ne change rien à ses habitudes. Pourquoi ?

 

Les trente-cinq heures : Tout d’abord, avec les trente-cinq heures, la Aubry a transmuté notre société basée sur les valeurs du travail en véritable cours de récréation, Disneyland et autres centres d'attractions ; il n’y a plus que les loisirs qui comptent. Comme il faut bien travailler un peu pour gagner sa vie, il faut faire tout très vite car on ne veut rien rater. C’est la course contre le temps !

 

Les TIC : Ensuite les nouvelles technologies nous entraînent vers une gestion irrationnelle de l’immédiateté ; « J’exige, c’est tout de suite et peu importe le moyen » et en cas d’échec, les réseaux sociaux deviennent l’exutoire des frustrations, l’écritoire idéal de propos haineux. Les pseudos responsables de tous les maux de la terre entière se font vilipender (je fais référence aux femmes et aux hommes politiques). Ces nouveaux lampistes doivent désormais faire face aux populistes, anarchistes, extrémistes et autres révolutionnaires de tout poil.


Le mal du siècle : La voiture est l’archétype même de notre société moderne. Des études sociologiques démontrent que désormais on ne pourra plus s’en passer. Les constructeurs l’ont bien compris et ils n'ont jamais vendu autant de bagnoles qu’à l’heure actuelle ; elles sont de plus en plus puissantes, leurs propriétaires vous narguent juchés du haut de leurs grosses caisses brûlant stop et feux rouges et roulant comme des fêlés ! Quand le législateur va-t-il faire arrêter ce massacre ? A-t-on besoin d’une Maserati pour rouler à 80km/h sur les routes secondaires et à 130 sur les autoroutes. C’est vrai que lorsqu’on peut se payer un tel carrosse, on est plus à quelques euros prêt pour financer un coyote et passer à travers les rayons des radars !


Confort, écologie et pouvoir d'achat : Côté confort, nous sommes au paroxysme du dysfonctionnement environnemental. Alors qu’il est recommandé d’être économe en consommation d’eau et d’énergie, qu’il faille lutter contre les pollutions et le gâchis alimentaire ; rien n’y fait. Non seulement chacun continue sa petite vie tranquille et confortable mais de surcroît le peuple en redemande toujours plus. Ce n’est pas pour rien que le principal souci des français aujourd’hui se concentre sur le pouvoir d’achat !


Le consommateur n'est pas encore consom'acteur : Le consommateur n’est pas autonome et encore moins éco-responsable. Dès qu’un bout de papier aluminium reluit grâce à un rayon de soleil égaré, puis s’envole au vent en traversant la rue, c’est une ruée de badauds avides de soldes qui court derrière ! Les choses évoluront vraiment lorsque le consommateur imposera ses besoins, ses envies et ses désirs par des achats écoresponsables et des boycottes ciblés.

 

Conclusion : L’enjeu n’est pas la transition énergétique ou le dérèglement climatique, voire la crise alimentaire. Le drame qui se pointe à l’horizon, c’est un véritable tsunami, c’est la crise de la ressource.

 

À QUAND LE RÉVEIL POPULAIRE AU QUOTIDIEN !

 

Post scriptum : Ça me fait penser au tsunami du Japon : pendant que des personnes regardaient et  photographiaient la vague géante arriver, toutes les bêtes domestiques et sauvages détalaient pour se réfugier dans les hauteurs*... (Même les chauves-souris ont fuit à tire d’aile en plein jour)

 

* "Cela n'est pas étonnant, explique Béatrice Steck, responsable du programme d'élevage en captivité d'espèces menacées au zoo de bâle. Les animaux sont beaucoupe plus attentifs face à leur environnemlent. Ils le craignent. Ils sont donc tout le temps en état d'alerte. Contrairement à eux, nous avons perdu nos capacités à percevoir la nature car nous nous exposons très peu aux stimulations extérieures."

Extrait de l'article de Florencio Artigot "Ces animaux qui ont flairés le tsunami" du magazine "LE TEMPS" publié le mercredi 5 janvier 2005.

L'alimentation et la ville de demain

Rappel des fondamentaux : Au cas où nous l’aurions oublié, Pierre Rabhi nous rappelle que la terre est nourricière ; il est urgent de se réapproprier ce concept vieux comme Hérode. Et pour cause, depuis des lustres, notre nourriture arrive dans nos villes et métropoles par camions entiers de 38 tonnes ou par avions cargos. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller sur les marchés de gros ou les aires de livraison des hypermarchés. Pour avoir une idée de ce que représente l’industrie alimentaire et la grande distribution, j’ai mis en ligne un billet sur ce sujet titré « les états généraux de l’alimentation ». Hallucinant !

L'habitude a une grande vertu, c’est qu’on peut l'abandonner : Nos responsabilités individuelles et collectives sont engagées et il est impérieux de changer nos habitudes et nos usages. Les voies de progrès pour inverser cette regrettable situation sont nombreuses ; certaines sont simples et rapides à mettre en œuvre et d’autres plus difficile car beaucoup trop d’intérêts sont en jeu. La démarche idéaliste, est de rendre le territoire autonome.

Les jardins familiaux : La Ville de Tours, très attachée à la culture du jardin vous propose, par l’intermédiaire d’associations de jardiniers, la location d'une parcelle pour cultiver vos fleurs, fruits et légumes. C’est ainsi que 1327 jardins familiaux sont mis à disposition, répartis sur 19 sites. Au niveau de la métropole, c’est plus de 3000 jardins familiaux dont 60 supplémentaires viennent d’être créés à la gloriette ; il faudra encore progresser car la demande est toujours existante et insistante ! Le jardinage est un loisir, une saine distraction et la récolte est un vrai régal. Aujourd’hui, on construit des immeubles avec des jardins collectifs en pied d’immeuble et des espaces individuels et des serres en terrasse.

Les marchés et les circuits courts : Dans la gamme des circuits courts, il existe une vieille institution tourangelle qu’est le marché. Il y en a 16 sur Tours très actifs et assidûment fréquentés. C’est un lieu de rencontre et de grande convivialité pour les quartiers. C’est la meilleure démarche commerciale pour les agriculteurs de vendre leur production en direct et à bon prix. Pour les réactiver, voire les multiplier, tous les acteurs doivent se mobiliser : les collectivités territoriales pour l’aménagement d’espaces modernes, accessibles et attractifs, les producteurs-commerçants pour proposer des produits de qualité et des services innovants et les clients pour reprendre le chemin du marché et délaisser celui du supermarché. 

Facteur de santé publique : Une prise de conscience des effets de la qualité de la nourriture sur la santé est en train d’émerger. Mesdames et Messieurs les promoteurs de la malbouffe, l’étau se resserre et je souhaite ardemment que  prochainement, vous pourrez manger votre chapeau avec en accompagnement, vos produits frelatés. On connait les bienfaits de la nourriture saine et de qualité sur la santé. Il n’y a aucune discussion possible !

 

Affaire à suivre et à faire suivre !

Yves Massot ; le 26 novembre 2018

Les Marchés de Tours (pour information)

Les Marchés de Tours
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Inondations, territoires résilients et ville de demain

Les faits sont têtus : certaines catastrophes restent inexorablement inscrites dans la mémoire collective ; Vaison-la-Romaine, le Grand-Bornand et la tempête Xynthia sont les plus significatives. Toutes ces inondations ont plusieurs points communs : un manque flagrant de vigilance et de prévoyance, une sous-estimation des lois de la nature et de la physique et une urbanisation non maîtrisée.

 

Le Grand-Bornand : une crue éclair du Borne, suite à l’orage diluvien du 14 juillet 1987, a fait 23 morts dont 2 disparus. Le Plan de Prévention des Risques était en cours d’élaboration et le plan d’urbanisme n’avait pas pris en compte de possibles débordements. Au bout de 10 ans de procédure, la cour d’appel de Lyon a reconnu le caractère prévisible de la catastrophe. L’état et la commune ont été condamnés à indemniser les victimes.

 

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Inondations et territoires résilients
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Les états généraux de l'alimentation

Il eut été préférable, avant d’engager les états généraux de l’alimentation, de faire un inventaire des ténors du domaine afin de mieux appréhender les acteurs en présence. Ce qui complique les choses, c’est que les distributeurs deviennent producteurs (Intermarché par exemple) et inversement, les producteurs investissent dans la distribution de leurs produits. Ce que personne n’ose dire, c’est que les uns accusent les autres de s’approprier les marges les plus conséquentes. Pour s’en sortir élégamment, Intermarché place, par exemple, dans sa stratégie de développement de la production, le contrôle de la qualité… chiche ! 

Voici un rapide état des lieux… devoir d’inventaire oblige !

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Les états généraux de l'alimentation
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Succession de crises ou changement d'ère

Crises ou pas crises, that is the question : Les hommes politiques et les médias passent l’essentiel de leur temps à nous parler des crises successives. Le journal les échos du mardi 28 février 2012 titrait encore à la une « Et si nous traversions une troisième crise pétrolière » N'écoutons plus les défaitistes, les pessimistes et autres alarmistes. Nous sommes entrés depuis plusieurs années dans une profonde mutation sociétale et le véritable discours politique consiste à en définir le contour.

 

Changement : la démographie mondiale galopante : Entre 1960 et 2011, La population mondiale est passée de 3 à 7 milliards. Claude LEVY-STRAUSS déclaré : "Nous sommes dans un monde auquel je n'appartiens déjà plus. Celui que j'ai connu, celui que j'ai aimé, avait 1,5 milliard d'habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d'humains ; ce n'est plus le mien." Il a résumé en quelques mots simples, le sérieux talon d'Achille de notre monde en ce début de 21ème siècle.

L’ONU publie le 3 mai 2011 que l'humanité pourrait atteindre 9,3 milliards de personnes vers 2050, mais après avoir passé un cap de 10,1 milliards d'ici 2030 environ.

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En vert et contre tous

Le pinceau à trois couches : Certains discours politiques nous inciteraient à peindre tout en vert pour voir la vie en rose ? Des petits malins, qui hier, étaient tout de rouge vêtus, se retrouvent aujourd'hui en habits verts (ce qui n'a rien d'académique) ; l'observateur averti ne se laissera pas berner. 

Certains déçus auraient trempé leur écharpe orange dans une mixture colorante pour lui concéder la couleur de l'espérance. Les poètes branchés déclament désormais le célèbre vers "le bonheur est dans le pré "vert" cours-y vite…" Je m'étonne que certains agitateurs professionnels n'aient pas encore entrepris l'arrachage des drapeaux bleu, blanc, rouge transgéniques pour les repeindre en vert. Doit-on aussi implorer Saint-Pierre et Lucifer afin, qu'eux aussi, transforment le paradis et l'enfer en uni-vert ! Par goût, j'aime bien cette couleur ; je la trouve très jolie mais pas du tout par conviction politique.

 

"En vert et contre tous" Je déplore une dérive dans le discours et le positionnement politique des verts. Je partage complètement le sentiment de John BADEN, Président Foundation for Research on Economics and the Environnement et membre du conseil international du ICREI lorsqu'il écrit :

"Là où les choses ne vont plus c'est lorsque, au nom de leur conception d'un ordre écologique, ils entendent imposer aux autres la vision du marché par le moyen d'un état contraignant et tentaculaire" 

 

Haro sur le dogme !  Je note ce passage de l’essai du philosophe Thierry Paulmier « de l’utilité du dogme » 

 

Dogme et intolérance : On associe souvent dogme et intolérance. Etre dogmatique ferait courir le risque d’être intolérant. Là encore, on se méprend totalement. En réalité, il faut d’abord être devenu dogmatique pour pouvoir prétendre être tolérant. Il faut avoir quelque chose à défendre pour être tolérant. Est tolérant celui qui en dépit d’avoir trouvé la vérité accepte que d’autres ne la reconnaissent pas comme tel, voire s’y opposent, et ne recourt pas à la violence pour imposer ses idées mais croient au dialogue et à la persuasion. En revanche, celui qui n’adhère à aucun dogme n’est pas tolérant, il n’a rien à défendre, il est juste indifférent. Il tolère toutes les opinions car il n’en a pas lui-même.

Dogme et action :Pour agir, il faut avoir les idées claires. Ainsi, selon Gustave Thibon (1976) « Il faut donc être ferme et intransigeant sur les principes et très souple et très nuancé dans l’art de les appliquer. Plus que cela : c’est la fidélité aux principes qui nous inspire le meilleur choix des moyens.»

Haïr l’erreur, aimer l’errant :Le danger n’est donc pas dans le dogme mais dans l’amalgame entre l’erreur et l’errant. L’amour de la vérité entraîne nécessairement la haine de l’erreur. Mais ce n’est que lorsque cette haine contamine la relation à l’errant, que l’on tombe dans l’intolérance et le fanatisme.

 

La bonne stratégie consiste à prendre en compte les 27 principes retenus par la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable qui s’est tenue à Rio de Janeiro au Brésil du 3 au 14 juin 1992, de les intégrer dans nos principes de gestion, de management et systèmes de gouvernance et de les convertir en véritable valeur pour la promotion du progrès social et sociétal.

 

Développement durable ; un autre modèle de société ?

L'interdépendance de l'économie, du social et de l'environnemental et leur interopérabilité ne sont plus à démontrer mais simplement à rappeler sans cesse. On ne peut pas balayer tel ou tel pan de l'économie avec les feuilles mortes et semer du gazon à la place. Le développement durable ne doit pas se concevoir à grands coups de marketing politique, commercial ou industriel, ou par des promesses incantatoires voire par des programmes électoraux opportunistes. Il s'imposera par son intégration dans nos cultures et par une adhésion volontaire de toutes les personnes physiques, morales, publiques et associatives mais surtout pas par la contrainte.

 

La symphonie du nouveau monde : Nous avons une formidable opportunité pour influer sur notre destinée et celle de notre prochain. Le changement doit s'établir avec une planification stratégique drastique. Il faut imaginer des nouveaux systèmes de gouvernances modernes et adaptés, déterminer les étapes majeures, se fixer des objectifs ambitieux et créer de nouveaux indicateurs en corrélation.

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