Blog d'Yves MASSOT
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MES ESSAIS

LA CRISE COMME STRATEGIE DE CHANGEMENT

Par Yves Massot ; fait à Tours le 3 mai 2020

Cet épisode que nous traversons est inédit et va nous obliger à remettre l’église au milieu du village. Il convient de changer de logiciel, dirait-on en informatique ; ce qui a pour finalité d’abandonner certaines fonctionnalités inutiles et d’en créer de nouvelles réclamées à cor et à cri par les usagers à travers les forums par exemple. Il est bon de noter que des systèmes, comme le GPS WAZE sont participatifs, ce qui les rendent très populaires. Comme quoi, on peut être centralisé et très décentralisé. Sans trop vouloir m’avancer, je crois que c’est Wikipédia qui a lancé ce concept. Du coup, si on profitait de cette crise majeure et mondiale pour inventer une autre vie !

  • Du coup, il n’y a plus de circulation dans les rues et c’est très bon pour la santé et pour la planète !
  • Du coup, dans mon jardin, je n’entends plus les voitures et les camions dans la rue ; le gazouillis des oiseaux dans les arbres a pris le relai.
  • Du coup, il n’y a plus de gilets jaunes, de manifestations en tout genre et de grève ; ça va permettre de relativiser les choses, les événements et les conditions de travail.
  • Du coup, on est en train de s’apercevoir que d’avoir délocalisé une très grande partie de notre production industrielle n’est pas un bon plan.
  • Du coup, on est en train de s’apercevoir que l’Europe sociale et sanitaire est inexistante et c’est bien dommageable.
  • Du coup, on s’aperçoit que certains pays s’en sortent beaucoup mieux que nous !
  • Du coup, le chef de l’état prend des décisions avec l’avis d’un collège d’experts ; s’il pouvait en faire autant dans la vraie vie et d’en d’autres domaines, ça lui éviterait de faire des conneries.
  • Du coup, on est en train de s’apercevoir que notre système de santé est un des plus performant et il va falloir s’en occuper sérieusement !
  • Du coup, on a trouvé des solutions comme le télétravail, la téléconférence, l’e-mail, le téléphone. Je n’ai jamais utilisé autant de systèmes de téléconférence comme Skype, FaceTime, Zoom, Webex, etc. Et si on utilisait ce mode de communication en temps normal, avec parcimonie bien sûr, ça nous éviterait bien des déplacements.
  • Du coup, on est en train de s’apercevoir que notre cher beau pays est suradministré et il va falloir déglinguer quelques échelons de la pyramide ! (Consultez-moi, j’ai quelques idées sur la question).
  • Du coup, on va s’apercevoir des vertus de la gestion électronique des documents (GED) et de sa complémentarité avec le télétravail, de la signature électronique avec certificats, de la dématérialisation des factures, des bulletins de paye, de la presse, j’en passe et des meilleurs. (A Singapour, il y a très longtemps que le télétravail a été instauré).
  • Du coup, je voudrais faire remarquer que le Ministre des finances Darmanin et ses services ont réussi la dématérialisation complète de la déclaration d’impôt et du prélèvement à la source. Pour la première année, on me propose une déclaration complètement réalisée par l’administration fiscale sans aucune intervention de ma part ; juste une simple vérification sans avoir besoin d’ouvrir le document de référence. Tout le monde en doutait, surtout la presse !
  • Du coup, le télé-enseignement s’est mis en place. Ce qui a révélé un sous équipement notoire du secteur primaire et des familles les plus défavorisées. Du coup, certains élèves sont privés de cours. 
  • Du coup, si on en profitait pour se faire un bon vieux régime des familles pour retrouver la ligne et la forme. La crise du Coronavirus a révélé que bon nombre de personnes contaminées étaient en surpoids (ce qui est une formule pour éviter de prononcer le terme « obèse »).
  • Du coup, certains médecins ont adopté les nouvelles technologies comme le système Doctolib avec prise de rendez-vous dématérialisée, télévisite, etc.
  • Du coup, il serait grand temps d’activer votre DMP (Dossier Médical Personnalisé). C’est un excellent outil pour mémoriser votre carnet de santé (visites médicales, traitements, opérations, vaccinations, relations avec la Sécurité sociale, etc.
  • Du coup, si on s’occupait de notre santé et en profiter pour arrêter de fumer, de picoler et de bouffer ! Si on en profitait pour se retrouver autour d’une bonne table avec de bons petits plats bien mijotés.
  • Du coup, si on en profitait pour ne plus gaspiller la nourriture et peaufiner l’art et la manière d’accommoder les restes. Demandez à vos grands-mères, elles savent faire.
  • Du coup, la solidarité s’organise peu à peu et avant de vouloir aider son voisin, il va falloir faire sa connaissance...
  • Du coup, si on en profitait pour attraper quelques bons livres des meilleurs auteurs pour régénérer notre niveau culturel.
  • Du coup, je m’arrête là mais cette liste n’est pas exhaustive. Puisque nous allons encore traverser de graves crises sanitaires, sociales, économiques, et écologiques, il faut en profiter pour tout reconsidérer y compris notre constitution de 1958, notre organisation administrative Française. L'Europe est malade et il faut vite la soigner avant que certains pays, comme l’Italie, imitent la Grande Bretagne… c'est à dire se confine !
  • Du coup, on vient de s’apercevoir qu’une seule chose essentielle comptait en ce bas monde ; LA VIE !
  • Du coup, il est bon de rappeler les choses simples ; l’isolement est favorable à la réflexion et à la méditation. Il faut faire la lessive lorsque le linge est sale, prendre une bonne douche losqu'on est sale, effectuer un bon rangement lorsqu’il y a le bazar, aérer losque ça sent mauvais, faire le ménage lorsqu'il y a trop de poussière, refaire la tapisserie lorsque l'ancienne est décrépite et après tout ce charivari on revit ; c'est une méthode pour voir les choses d’un autre œil.
  • Du coup, si on commençait dès maintenant !

LE 7ème CONTINENT

par Yves MASSOT - Fait à Tours le 26 mars 2020

2040 : un objectif de zéro emballage plastique : Tubes de dentifrice, bidons de lessive, pots de yaourts ou encore bouteilles de shampoing... Tous ces plastiques jetables ne feront plus partie de notre quotidien en 2040. Cependant, il s'agit d'inscrire dès à présent la France sur une trajectoire, afin de supprimer ces plastiques progressivement pour atteindre le zéro plastique jetable.

https://www.gouvernement.fr/fin-des-plastiques-jetables-ou-en-sommes-nous

 

L’origine de toutes les pollutions : Qu’on ne s’y trompe pas, une majeure partie de toutes les pollutions sont de nature anthropique (dû à l'existence de l'homme). Pour en être convaincu, il suffit de surfer sur les sites spécialisés et constater le désastre ; pollution de l’air, de l’eau, du sol, mais aussi des pollutions sonores, lumineuses, électromagnétiques et des déchets. La France est-elle aussi concernée par ce désastre puisque l'ONG WWF considère que la France a produit 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques en 2016, soit 66,6kg par personne. Si 98% du total (4,4 millions de tonnes) ont été collectées, seulement 22% ont été recyclées. Quant aux 2% restants (80000 tonnes), ils se retrouvent dans la nature dont 11200 tonnes pénètrent en la Méditerrannée, précise l'ONG.

 

Les mauvaises décisions forgent un piètre avenir : Plutôt que de vouloir légiférer sur tout et n’importe quoi, le législateur devrait s'inquiéter de la cause environnementale et prendre sans délai les mesures radicales pour endiguer toutes les formes de pollution.

A titre d’exemple, l’ADEME considère que l’eau du robinet fait l’objet de contrôles réguliers et rigoureux par rapport à des normes très strictes. Elle coûte 100 à 300 fois moins chère que l’eau en bouteille et permet d’économiser jusqu’à 170 000 tonnes de plastique par an. L’Allemagne, elle de son côté, pratique la consigne des bouteilles plastiques, mesure qui incite les consommateurs outre Rhin à ramener les emballages là où ils les ont achetés.

Autre exemple ; Depuis la directive Européenne 92/75/CEE du Conseil du 22 septembre 1992, les appareils électroménagers doivent avoir une étiquette affichant la performance énergétique sous forme d’histogramme désormais familier à tous les consommateurs. Pourquoi laisse-t-on vendre des équipements énergivores à bas coût ! 

 

Le septième continent : Il est formé par une grande concentration de déchets flottants plastiques sur l’océan Pacifique ; les images parlent... les statistiques causent !

Je vous propose quelques chiffres, histoire de se faire peur ! 

  • 3,5 millions de km2 (1/3 de l’Europe et 6 fois la France)
  • 750000 débris par km2
  • Découvert en 1997 par le capitaine Charles Moore
  • Il est composé de déchets plastiques à 90%
  • 80% des déchets en présence proviennent de la terre via les fleuves
  • 267 espèces marines sont menacées

https://information.tv5monde.com/info/le-7eme-continent-un-monstre-de-plastique-1863

Origine du plastique :  La matière plastique est un mélange contenant une matière de base, un polymère et susceptible d'être moulé, façonné, en général à chaud et sous pression, afin de conduire à un semi-produit ou à un objet. On peut observer aujourd'hui sur un même matériau des propriétés qui n'avaient jamais auparavant été réunies, par exemple la transparence et la résistance aux chocs. Les plastiques se présentent sous de nombreuses formes : pièces moulées par injection, tubes, films, fibres, tissus, mastics, revêtements, etc. Ils sont présents dans de nombreux secteurs, même dans les plus avancés de la technologie. A ceci, il faut ajouter les textiles (fils et fibres) ainsi que les élastomères qui ne sont pas des matières plastiques mais qui flottent admirablement bien ! Données Wikipédia, page « plastique »

 

La dictature des grandes surfaces : Dans le cadre de la loi Grenelle 2 de juillet 2010 un article stipule : "au plus tard le 1er juillet 2011, tout établissement de vente au détail de plus de 2.500 mètres carrés proposant en libre-service des produits alimentaires et de grande consommation se dote, à la sortie des caisses, d'un point de reprise des déchets d'emballage issus des produits achetés dans cet établissement.

https://www.actu-environnement.com

Malheureusement comme la loi n'est pas très claire, elle ne précise pas quels sont les organismes chargés de faire appliquer cette obligation et quelles sont les sanctions encourues en cas de manquement. En conclusion, les grands ténors de la distribution ne respectent pas les dispositions de cette loi bien qu'ils se prétendent être, à grand renforts de communication, les chantres de l'écologie et du développement durable. Dernièrement, j'ai acheté des cartouches d'encre pour mon imprimante. Étant impréssionné par la quantité de déchets générés par ce produit, j'ai demandé au vendeur quel en était la raison. "Les vols, Monsieur, Les vols !" m'a t-il répondu d'un air indigné par ma question sotte et saugrenue...

 

Les lobbyistes : Le profil type du lobbyiste est du genre mercenaire, sans foi ni loi, sans Père ni Mère. Il ne respecte rien sauf l’argent que lui verse son client lorsque sa mission est accomplie. Pour en être persuadé, je vous propose de prendre connaissance des déclarations de Thierry Coste au journal Libération :

"Aujourd’hui, je suis un mercenaire. Je vais là où ça paie le mieux," expliquait-il au journal, en revendiquant, voire en surjouant comme à son habitude avec un certain cynisme. "Je n'ai pas de morale. Il n'y a pas beaucoup de gens qui l'assument, moi je l'assume complètement. Je défends les gouvernements étrangers qui sont alliés de la France mais qui ont parfois des comportements douteux avec les droits de l'homme."

Inutile de préciser que les lobbyistes des professionnels de l’emballage et du packaging ont dû s’activer sérieusement pour faire en sorte que l’échéance du zéro emballage plastique soit la plus éloignée possible ; ce qui me permet de qualifier cette loi de stupide.

 

L’innovation : En période de crise, l’innovation devient une planche de salut. La France est classée à la 16ème place au niveau mondial selon l’indice mondial de l’innovation 2019 (WIPO). La lourdeur administrative et la mauvaise qualité du climat des affaires en sont les principales causes. Je reviendrai sur ces données car nous n’avons pas encore très bien compris l’enjeu de l’innovation pour sortir des différentes crises auxquelles nous sommes confrontés. Un peu de benchmark chez nos voisins Suisse ou Suédois qui tiennent le haut du pavé en la matière nous permettrait de mieux aborder la thématique. Ce dont je suis persuadé, c’est notre incapacité à intégrer et à globaliser l’innovation dans nos concepts managériaux, organisationnels et collaboratifs que ce soit dans les domaines du privé, du public, ou associatif. "Tout seul, on va plus vite mais à plusieurs, on va plus loin !"

La part du PIB que l'Europe consacre chaque année à la recherche et au développement (R&D) est inférieur de 0,8% à celle des USA et de 1,5% à celle du Japon selon une fiche thématique de l'Union Européenne.

 

La règlementation : La règlementation Européenne sur la qualité de l’air a contraint l’industrie automobile à mettre en œuvre une motorisation et des équipements adéquat. Il en est de même sur la règlementation de la vitesse sur les routes ; nous sommes passés de 18000 morts en 1970 à 3200 en 2019. Dans le même temps le nombre de véhicules n’a pas cessé de croitre ; 12,5 millions en 1970 contre 33 millions en 2019. Parallèlement, la qualité de la sécurité des véhicules a nettement évolué, toujours grâce à la règlementation.

En conséquence, la règlementation reste un levier essentiel pour lutter contre notre indiscipline et notre incivisme individuelle et collective. 

 

Rétropédalage : La politique du tout jetable est inacceptable. La génération Klennex se plait à répéter : je prends, j’utilise et je jette ! Il faut revenir aux fondamentaux et se poser les vraies questions : Le conditionnement est-il indispensable ; son recyclage est-il possible. La vente en vrac, par exemple, reprend ses droits dans certains magasins et supermarchés ce qui a trois vertus ; on achète le strict nécessaire, il n'y a pas d'emballage et ça coûte moins cher. Il faut réinventer ce que nous avons vécu avant la période du "tout emballé". Avec ma petite fille Solène, nous étions convenus de rédiger chacun de notre côté un article sur le même sujet. Je vous invite à découvrir son œuvre sur son blog : elle vous guidera dans la visite d'un magasin de vente en vrac à Chartres. Suivez le guide... 

 https://soandcompany.fr/category/societe/

 

Les nouvelles économies : Doucement mais surement, de nouvelles économies naissent et se développent comme le deuxième usage. Le site de vente en ligne, le bon coin, n'a jamais autant bien fonctionné avec 27 millions de petites annonces ! L'économie de l'usage prend une belle allure ; on ne prend plus possession d'un bien mais on en achète l'usage temporaire (location).

 

La vie d’un produit : Comme tout humain, chaque produit naît, vit et meurt. Le plus bel exemple est celui de la voiture (toujours et encore). En marketing, la vente d’un modèle varie dans le temps selon une courbe de Gauss. Lorsque la vente du premier commence à diminuer, il convient de mettre d’ores et déjà un deuxième sur le marché en substitution au risque de mettre les ventes en difficulté ainsi que la production et ainsi de suite (Courbes P1, P2 et P3 ci-dessous). 

La société Qualtrics nous explique sur son site Internet que pour développer un produit sur le marché, il faut appréhender les six phases de son cycle de vie (deuxième courbe ci-dessous). Pour être tout à fait complet, je rajouterais deux autres phases ; le rebus et la récupération qui ne préoccupent aujourd'hui peu de fabricants.

La durée de vie d'un produit et les algorithmes qui s'y rattachent sont essentiellement variables mais les critères les plus déterminants sont sa qualité et sa repérabilité. L’obsolescence programmée est une véritable arnaque et promouvoir une telle politique, c’est mal apprécier le marché de demain. Le consommateur ne doit plus céder à l’effet de mode, du clinquant et du tape-à-l’œil. Il est bien évident que la durabilité aura un effet bénéfique sur la gestion des ressources des matières premières, sur l’énergie pour produire, transporter et utiliser le produit (voir paragraphe précédent).

Enfin et contrairement aux idées reçues, le prix n’est pas le premier critère de choix du consommateur. Selon le CREDOC, l’hygiène et la sécurité viennent en premier suivi par la qualité du service après-vente et en troisième position la fabrication Française et le prix vient en quatrième position.

 

Conclusions : Le consom’acteur, le consommateur éco-responsable, les partisans du développement durable, les adeptes du bio, les associations de consommateurs, les sites de comparaison de prestations et de prix, les associations écologiques et tous ceux qui ont compris que le changement était obligatoire doivent se mobiliser pour faire pression auprès des pouvoirs publics, des politiques, des industriels et des commerçants afin de faire évoluer les choses. 

Le succès commercial de demain sera réalisé par tous ceux qui commercialiseront des produits diminuant les impacts environnementaux, qui développeront un marketing de l’empowerment (responsabilisation) et une politique sociale moderne et ambitieuse.

"Les consommateurs ont compris, grâce à Internet et aux réseaux sociaux, qu'ils disposaient de nouveaux leviers d'influence, de pression et de contrôle sur les marques et sur les entreprises. En développant un marketing de l'empowerment, ces dernières ne font que comprendre et s'approprier une tendance qu'elles ne peuvent ignorer" (e-marketing.fr).

Le 7ème continent
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LA GRATUITÉ DES TRANSPORTS EN COMMUN

par Yves MASSOT - Fait à Tours le 16 août 2019

Les principes de base :

1°) La gratuité des transports en commun a pour corollaire automatique la prise en charge des transports publics par le budget des collectivités donc l’impôt.

2°) Dans notre société consumériste, ce qui apparaît comme « gratuit » devient rapidement dépourvu de toute valeur et de respect.

3°) Le transport payant positionne l’usager en client et le prestataire en fournisseur ; il s’instaure alors une relation d’échange commercial positif.

4°) Pourquoi se priver de la contribution des usagers solvables ?

 

Les villes pratiquant la gratuité : Aubagne, Compiègne, Châteauroux, Vitré, Gap, et Noyon (60) ont décidé de procéder à la gratuité des transports mais ces villes ont en même temps modifié l’offre de transport ; l’impact de la gratuité n’a pas pu être apprécié sur une longue durée. On pourra noter que les élus de la ville de Châteauroux sont très satisfaits de leurs décisions en déclarant « ces résultats ont permis de rendre les transports plus attractifs grâce à la gratuité, à la refondation du réseau et à la rénovation de nouveaux quartiers ».

 

Les villes qui ont abandonné le transport gratuit : La gratuité prive les organisateurs des transports d'une partie des recettes. ''Dans la plupart des villes, la priorité serait davantage de développer le réseau et l'offre de transport. C'est l'avis des villes qui ont abandonné la gratuité'', comme Castellón (Espagne) qui a appliqué la gratuité de 1990 à 1997 ou Bologne (Italie) de 1973 à 1977.

Par ailleurs, c’est en raison de son coût excessif que des grandes villes (Bologne, en Italie, Castellon de la Plana, en Espagne, Hasselt, en Belgique, Sheffield et Rotherham, en Angleterre, Seattle, aux États-Unis d’Amérique) et des villes plus petites (Templin et Lübben, environ 15.000 habitants, en Allemagne ; Trebon, 9.000 habitants, en République tchèque ; Kristinehamm, 24.000 habitants, en Suède) ont fini par abandonner la gratuité. Bologne dispose aujourd’hui d’un remarquable réseau de transport urbain et périurbain qui n’aurait jamais vu le jour si la gratuité avait été pérennisée.

 

Les critères à prendre en compte :

  • Les coûts liés à la billetterie, à l’encaissement, au contrôle et à la gestion de la fraude doivent être pris en compte dans la gestion des transports payants.
  • 4 chômeurs sur 10 refusent un emploi faute de moyens de transport.
  • Un progrès de 1% de l'efficacité des transports (indicateur de la vitesse moyenne) élargirait de 1,39% à 2,25% la taille effective du marché́ de l'emploi, et cette dernière augmenterait ainsi de 0,24 à 0,56% la productivité de l'agglomération.
  • La répartition des ressources à Tours s’établit de la façon suivante :
  1. Les employeurs (Taxe Versement Transport) 46%
  2. Les collectivités territoriales (impôt) 35,5%
  3. Les voyageurs (recette commerciale) 16,5%
  4. L’état 2%

 

L’expérience de Grenoble : Grâce à l’amélioration de l’offre de transport et de l’information, Grenoble, a augmenté la fréquentation des transports collectifs de 25% en 3 ans pour atteindre 58 millions de voyageurs dont 25 millions par le tram tout en maintenant le transport payant. 

 

Tordons le cou aux idées reçues : Ce qui fait l’attractivité des transports en commun, c’est le confort, la cadence, la rapidité, la proximité des arrêts avec le domicile et le lieu de travail, le maillage, les ruptures de charge minimums (en nombre et en temps), l’accessibilité pour tous, le coût, la climatisation, la facilité d’accès aux horaires (appli portable). Selon une enquête de « Statista Research Department », les principaux critères dans le choix des moyens de transport viennent par ordre d’importance :

  1. La facilité d’usage,
  2. Le temps de trajet, 
  3. Le coût, 
  4. Le confort, 
  5. La sécurité, 
  6. L’impact sur l’environnement.  

 

Une tarification pour une meilleure équité : Une tarification solidaire (Strasbourg) peut assurer le droit à la mobilité, elle peut même impliquer la gratuité pour les plus démunis.

C’est dans cet esprit que TMVL a opté pour une tarification proportionnelle au quotient familial. La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) est défavorable à la gratuité pour tous, mais favorable à la gratuité pour ceux qui en ont besoin.

 

L’automobile en référence : Un site très spécialisé précise à la fin d’une étude sur la qualité de l’offre et usage du transport public en milieu urbain : « La qualité de l’offre de transport public estimée très finement apparaît en effet comme une variable incontournable à prendre en compte pour expliquer l’usage des transports en commun. Toutefois, analysée individuellement, la qualité de l’offre seule ne parvient pas non plus à en expliquer l’usage. Ce n’est qu’en la comparant avec l’accessibilité fournie par l’automobile, principale concurrente, que l’on parvient à mieux comprendre, sur un ensemble de trajets donnés, les ressorts du choix modal. »

Le courage politique : la notion de gratuité détourne l’attention du problème de fond : la place excessive de la voiture dans l’espace public. Dans les villes qui l’ont instaurée, la gratuité sert souvent d’alibi pour éviter d’avoir à prendre des mesures impopulaires auprès des automobilistes. Les usagers des transports, les citadins et les contribuables attendent des élus non pas des solutions de facilité, démagogiques car le risque (celui d’une paupérisation du transport public) n’est pas énoncé, mais du courage politique.

 

Taxe Versement Transport (TVT) : Les transports sont financés par les entreprises publics et privées (> à 9 personnes) par la Taxe Versement Transport (TVT) perçue par l’URSAFF et reverser aux organismes organisateurs des transports en commun. Les périodes de sous activité comme celles que nous traversons défavorise aussi fortement la TVT. TMVL a porté son taux de TVT à 2% comme la loi lui autorise étant un territoire à forte attractivité touristique.

 

L’effet tramway : L’arrivée du tram dans une ville a également d’autres effets positifs, notamment l’incitation à des recompositions urbaines, des aménagements de l’espace public (voirie, Parkings relais, trottoirs, plantations...) ou d’autres opérations d’urbanisme (création de logements, de commerces ou de centres d’activité).

 

La dualité entre transport privé et public : En France, la somme totale dépensée par les ménages pour les transports atteint 147 milliards d'€ dont 126 milliards d'€ pour les modes individuels de transport et 20,6 milliards d'€ pour les transports en mode collectif, dont 3,5 milliards d'€ en transports urbains de voyageurs. ''Ainsi un ménage moyen consomme énormément plus pour sa voiture individuelle, que pour le train, ou le transport collectif urbain. Le défi est donc de faire en sorte qu'une partie des dépenses consenties pour l'automobile par les ménages se reporte vers les transports collectifs'', conclut la fédération.

Une enquête quantitative menée par l'Institut Wallon d'études, de recherches et de formation (IWERF) en mai 1996 montrait que l'un des freins à la fréquentation des transports en commun était leur mauvaise image auprès des citoyens. ''Considéré comme une obligation, son usage ne suscite aucun plaisir. Au contraire, la voiture représente l'espace privé par excellence''(Revue de presse - Selon le site Actu-environnement)

 

Pas de hausse flagrante de la fréquentation des transports avec la gratuité : ’À très court terme, la gratuité des transports en commun peut faire exploser la fréquentation qui diminue ensuite'', notait le programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres (Predit). ''En comparant des villes avec des transports en commun payants d'une taille voisine de celles pratiquant la gratuité, on constate qu'il n'y a pas de corrélation directe entre niveau de prix et usage'', poursuit le rapport. C'est seulement accompagnée de mesures (politique de stationnement, voies de circulation spéciales) que la gratuité aurait réellement un impact sur la fréquentation. La qualité de l'offre (amplitude, fréquence, régularité) serait davantage déterminante dans une augmentation de report modal.

 

La gratuité renforce la fracture territoriale : Selon Jean Sivardière, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), la gratuité renforce la fracture territoriale entre les villes où le transport est gratuit mais l’offre médiocre, voire indigente, et les métropoles dont les habitants disposent d’une offre correcte et où, peu à peu, le rôle de la voiture régresse.

Une tarification solidaire (Strasbourg) peut assurer le droit à la mobilité, elle peut même impliquer la gratuité pour les plus démunis. 

 

Conclusions :

  1. La gratuité n’est pas un critère unique et déterminant pour mener une politique de développement quantitatif et qualitatif des transports en commun.
  2. La voiture ne doit pas être le mode de transport à bannir mais à transposer en mode collectif. Une approche psychologique, sémiologique, philosophique et sociologique commandée par le ministère de l’équipement, des transports et du logement a été réalisée par un groupe d’expert sous l’égide du CERTU. Son titre est révélateur « La voiture, cet incontournable objet de désir » dite aussi « l’objouet » (à disposition sur Internet)
  3. Pour développer les transports en commun, il faut travailler sur 4 leviers : l’investissement, les usages, l’image et la communication (TIC).

COUP DE GUEULE

Par Yves MASSOT - Fait à Tours le 16 août 2019

L’écologie n'est pas rentrée dans tous les logis ! L'écologie et l'environnement sont présents dans les discours, les intentions, les vœux, les rêves, les espérances et maintenant dans les défilés et autres marches blanches. Mais dans la réalité, le français ne change rien à ses habitudes. Pourquoi ?

 

Les trente-cinq heures : Tout d’abord, avec les trente-cinq heures, la Aubry a transmuté notre société basée sur les valeurs du travail en véritable cours de récréation, Disneyland et autres centres d'attractions ; il n’y a plus que les loisirs qui comptent. Comme il faut bien travailler un peu pour gagner sa vie, il faut faire tout très vite car on ne veut rien rater. C’est la course contre le temps !

 

Les TIC : Ensuite les nouvelles technologies nous entraînent vers une gestion irrationnelle de l’immédiateté ; « J’exige, c’est tout de suite et peu importe le moyen » et en cas d’échec, les réseaux sociaux deviennent l’exutoire des frustrations, l’écritoire idéal de propos haineux. Les pseudos responsables de tous les maux de la terre entière se font vilipender (je fais référence aux femmes et aux hommes politiques). Ces nouveaux lampistes doivent désormais faire face aux populistes, anarchistes, extrémistes et autres révolutionnaires de tout poil.


Le mal du siècle : La voiture est l’archétype même de notre société moderne. Des études sociologiques démontrent que désormais on ne pourra plus s’en passer. Les constructeurs l’ont bien compris et ils n'ont jamais vendu autant de bagnoles qu’à l’heure actuelle ; elles sont de plus en plus puissantes, leurs propriétaires vous narguent juchés du haut de leurs grosses caisses brûlant stop et feux rouges et roulant comme des fêlés ! Quand le législateur va-t-il faire arrêter ce massacre ? A-t-on besoin d’une Maserati pour rouler à 80km/h sur les routes secondaires et à 130 sur les autoroutes. C’est vrai que lorsqu’on peut se payer un tel carrosse, on est plus à quelques euros prêt pour financer un coyote et passer à travers les rayons des radars !


Confort, écologie et pouvoir d'achat : Côté confort, nous sommes au paroxysme du dysfonctionnement environnemental. Alors qu’il est recommandé d’être économe en consommation d’eau et d’énergie, qu’il faille lutter contre les pollutions et le gâchis alimentaire ; rien n’y fait. Non seulement chacun continue sa petite vie tranquille et confortable mais de surcroît le peuple en redemande toujours plus. Ce n’est pas pour rien que le principal souci des français aujourd’hui se concentre sur le pouvoir d’achat !


Le consommateur n'est pas encore consom'acteur : Le consommateur n’est pas autonome et encore moins éco-responsable. Dès qu’un bout de papier aluminium reluit grâce à un rayon de soleil égaré, puis s’envole au vent en traversant la rue, c’est une ruée de badauds avides de soldes qui court derrière ! Les choses évoluront vraiment lorsque le consommateur imposera ses besoins, ses envies et ses désirs par des achats écoresponsables et des boycottes ciblés.

 

Conclusion : L’enjeu n’est pas la transition énergétique ou le dérèglement climatique, voire la crise alimentaire. Le drame qui se pointe à l’horizon, c’est un véritable tsunami, c’est la crise de la ressource.

 

À quand le réveil populaire !

 

Post scriptum : Ça me fait penser au tsunami du Japon : pendant que des personnes regardaient et  photographiaient la vague géante arriver, toutes les bêtes domestiques et sauvages détalaient pour se réfugier dans les hauteurs*... (Même les chauves-souris ont fuit à tire d’aile en plein jour)

 

* "Cela n'est pas étonnant, explique Béatrice Steck, responsable du programme d'élevage en captivité d'espèces menacées au zoo de bâle. Les animaux sont beaucoupe plus attentifs face à leur environnemlent. Ils le craignent. Ils sont donc tout le temps en état d'alerte. Contrairement à eux, nous avons perdu nos capacités à percevoir la nature car nous nous exposons très peu aux stimulations extérieures."

Extrait de l'article de Florencio Artigot "Ces animaux qui ont flairés le tsunami" du magazine "LE TEMPS" publié le mercredi 5 janvier 2005.

L"ALIMENTATION ET LA VILLE DE DEMAIN par Yves MASSOT

Fait à Tours le 26 novembre 2018 et complété le 30 mars 2020

Rappel des fondamentaux : Au cas où nous l’aurions oublié, Pierre Rabhi nous rappelle que la terre est nourricière ; il est urgent de se réapproprier ce concept vieux comme Hérode. Et pour cause, depuis des lustres, notre nourriture arrive dans nos villes et métropoles par camions entiers de 38 tonnes ou par avions cargos. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller sur les marchés de gros ou les aires de livraison des hypermarchés. Pour avoir une idée de ce que représente l’industrie alimentaire et la grande distribution, j’ai mis en ligne un billet sur ce sujet titré  : les états généraux de l’alimentation.  Hallucinant !

 

Renoncer à l'habitude, c'est croire au progrès : Nos responsabilités individuelles et collectives sont engagées et il est impérieux de changer nos habitudes et nos usages. Les voies de progrès pour inverser cette regrettable situation sont nombreuses ; certaines sont simples et rapides à mettre en œuvre et d’autres plus difficiles car beaucoup trop d’intérêts sont en jeu. Rendre le territoire autonome est un objectif vertueux.

 

Les jardins familiaux : La Ville de Tours, très attachée à la culture du jardin vous propose, par l’intermédiaire d’associations de jardiniers, la location d'une parcelle pour cultiver vos fleurs, fruits et légumes. C’est ainsi que 1327 jardins familiaux sont mis à disposition, répartis sur 19 sites. Au niveau de la métropole, c’est plus de 3000 jardins familiaux dont 60 supplémentaires viennent d’être créés à la gloriette ; il faudra encore progresser car la demande est toujours existante et insistante ! Le jardinage est un loisir, une saine distraction et la récolte est un vrai régal. Aujourd’hui, on construit des immeubles avec des jardins collectifs en pied d’immeuble et des espaces individuels et des serres en terrasse.

 

Les marchés et les circuits courts : Dans la gamme des circuits courts, il existe une vieille institution tourangelle qu’est le marché. Il y en a 16 sur Tours très actifs et assidûment fréquentés. C’est un lieu de rencontre et de grande convivialité pour les quartiers. C’est la meilleure démarche commerciale pour les agriculteurs de vendre leur production en direct et à bon prix. Pour les réactiver, voire les multiplier, tous les acteurs doivent se mobiliser : les collectivités territoriales pour l’aménagement d’espaces modernes, accessibles et attractifs, les producteurs-commerçants pour proposer des produits de qualité et des services innovants et les clients pour reprendre le chemin du marché et délaisser celui du supermarché. 

 

Facteur de santé publique : Une prise de conscience des effets de la qualité de la nourriture sur la santé est en train d’émerger. Mesdames et Messieurs les promoteurs de la malbouffe, l’étau se resserre et je souhaite ardemment que  prochainement, vous pourrez manger votre chapeau avec en accompagnement, vos produits frelatés. On connait les bienfaits de la nourriture saine et de qualité sur la santé. Il n’y a aucune discussion possible.

 

La ferme urbaine : Notre capitale s'apprète à accueillir en 2020 la plus grande ferme urbaine d'Europe sur le toit du parc des expositions de la porte de Versailles. Il est prévu de produire une tonne de fruits et légumes par jour en pleine saison à partir d'une trentaine d'espèces de plantes différentes soignées par une vingtaine de jardiniers.

 

Les Jardins Perchés : Il s’agit d’un projet expérimental à Tours nord, associant la construction de 76 logements locatifs sociaux à la création d’une ferme maraîchère urbaine professionnelle se développant à la fois sur les toits de la résidence et au sol. L’inauguration a eu lieu le 8 octobre 2019. Les premiers locataires sont attendus à partir de mi-novembre et les premières récoltes au printemps 2020.

Mutualisation de moyens : La Ville et le CHRU de Tours s'associent pour construire une cuisine centrale. Actuellement, celle de la ville produit chaque année 1,5 million de repas pour les agents de la ville, les crèches et les groupes scolaires mais date de 1976 et est très vétuste. Quant à celle du CHU, elle prépare la même quantité de repas mais est plus récente puisque datant de 1997 ; elle est un très exigu ce qui interdit toute possibilité d'extension. Après la réalisation d'une étude de faisabilité, les deux partenaires ont confirmé l'intérêt de mutualiser leurs moyens en créant un groupement d'intérêt public (GIP). Cette structure permettra de produire plus de 3 millions de repas par an et sera érigé dans l'emprise du nouvel hôpital Trousseau. Cet équipement estimé entre 17 et 21 millions d’Euros va permettre d’optimiser les coûts d’investissement et de fonctionnement, tout en permettant de produire des repas d’un niveau qualitatif élevé, de poursuivre leur engagement en faveur des produits locaux et bénéficier de l’agriculture biologique envers laquelle la ville est très partie prenante. Il est regrettable qu'aucune autre commune de la Métropole n'est pas cru bon de rejoindre ce projet.

 

Agriculture Périurbaine : La métropole a lancé un vaste projet de développement de l'agriculture périurbaine en collaboration avec la Chambre d'Agriculture et l'Agrocampus de Fondettes afin d'aider les porteurs de projets à entreprendre, à s'installer, s'équiper, cultiver et produire des fruits et légumes. L'objectif principal est d'augmenter l'approvisionnement de la cuisine centrale en produits locaux (qui est actuellement de 20%) avec dans les tiroirs, un projet de légumerie centrale.

 

L'agriculture verticale : Le continent asiatique est probablement à ce jour le plus avancé dans l’agriculture verticale. Le Japon a réquisitionné près de 300 entrepôts transformés en fermes urbaines. A Singapour de multiples projets ont été mis en œuvre et d'ores et déjà, plusieurs tonnes de fruits et légumes sont produits chaque jours grâce à l’aquaculture. En France, comme cela arrive souvent, l’innovation et l’expérimentation est plus lente qu’ailleurs. Une première tour-ferme verticale verra le jour en 2019 à Romainville dans le 93. Deux tours et 2184m² permettront dès avril prochains aux quelques 26 000 habitants de vivre officiellement dans ce système du futur en achetant fruits et légumes sans intermédiaires.

INONDATIONS, TERRITOIRES RÉSILIENTS

ET VILLE DE DEMAIN

Par Yves MASSOT

Définition : En géographie et en aménagement la notion de résilience désigne la capacité des villes à limiter les effets des catastrophes et à retrouver le plus rapidement possible un fonctionnement normal.

 

Les faits sont têtus : Certaines catastrophes restent inexorablement inscrites dans la mémoire collective ; Vaison-la-Romaine, le Grand-Bornand et la tempête Xynthia sont les plus significatives. Toutes ces inondations ont plusieurs points communs : un manque flagrant de vigilance et de prévoyance, une sous-estimation des lois de la nature et de la physique et une urbanisation non maîtrisée.

 

Le Grand-Bornand : Une crue éclair du Borne, suite à l’orage diluvien du 14 juillet 1987, a fait 23 morts dont 2 disparus. Le Plan de Prévention des Risques était en cours d’élaboration et le plan d’urbanisme n’avait pas pris en compte de possibles débordements. Au bout de 10 ans de procédure, la cour d’appel de Lyon a reconnu le caractère prévisible de la catastrophe. L’état et la commune ont été condamnés à indemniser les victimes.

 

Vaison-la-romaine : Le 22 septembre 1992, la crue de l’Ouvèze consécutive à de violentes pluies a entrainé la mort de 38 personnes et 4 disparus. Les experts, dont Haroun Tazieff, sont unanimes pour considérer que l’urbanisation autour de la vielle ville relève d’une politique imprudente dans des zones à risques et répertoriées comme telles.

 

Xyntia  : Cette dépression météorologique a causé la mort de 29 personnes à la Faute-sur-mer en Vendée. Le 12 décembre 2014, le TGI des Sable d’Olonne condamne le Maire à 4 ans de prison ferme, son adjointe à 2 ans fermes et 75 000 € d’amende. La cour d’appel de Poitiers requiert 4 ans de prison pour le maire dont 2 fermes et 2 ans pour son adjointe dont 15 mois fermes.

 

Dérèglement climatique : Voilà pour les catastrophes les plus importantes de ces dernières années mais malheureusement, il y en a eu bien d’autres et ce n’est que le début. Les dernières précipitations que la France a connu en juin 2018 doit accroitre la vigilance collective. A chaque fois qu’il est nécessaire, il faut analyser les faits sans maugréer contre la météo, éviter de se retrancher derrière la fatalité climatique ou penser que la reconnaissance de l’état de catastrophe naturel va soigner tous les maux. 

Nous sommes irrémédiablement confrontés à un réchauffement de la planète et ce phénomène va s’accélérer déclenchant d’autres types de perturbations et pour certaines irréversibles. 

 

Les directives européennes : A voir comment des grandes villes comme Prague, Dresde, Cologne, Breslau, Varsovie et d’autres ont perdu en termes de compétitivité économique à la suite des inondations des années 1990 à 2002, la commission européenne a demandé à chaque état de mettre en œuvre une directive sur la prévention et la gestion des conséquences négatives des territoires, au nom de l’attractivité et de la compétitivité de l’Europe**. (PGRI, TRI, SLGRI) 

 

La réglementation : Les différentes réglementations thermiques, et en particulier la RT 2012, ont eu pour effet d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments mais aussi les coûts de la construction. Il en est de même pour la réglementation de la protection incendie ou de l’accessibilité des Personnes à Mobilité Réduite (PMR) dans les Établissements Recevant du Public (ERP). Il va falloir inexorablement prévoir des surcoûts pour les nouvelles constructions érigées sur les Territoires à Risque important d’Inondation (TRI). En pleine période de révision du PLU, des décisions courageuses sont à prendre.

 

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets : 

1 - Les causes : Le débordement direct d’un cours d’eau de son lit majeur (fortes pluies, fontes des neiges) est la principale catastrophe que tout le monde redoute. Le débordement indirect suite à la remontée des nappes phréatiques est plus sournois car souvent imprévisible, L’urbanisation galopante a entraîné un bétonnage et un goudronnage généralisé imperméabilisant les sols et accentuant les risques d’inondation. Une conception urbanistique innovante doit nous permettre de lutter contre cette situation considérée jusqu’alors comme irréversible. La minéralisation à outrance des centres villes augmente ce phénomène sans pour autant faciliter l’évacuation des eaux.

 

2 - Les effets : Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours sur la France et leurs conséquences doivent nous contraindre à repenser notre conception urbanistique, l’écologie urbaine, toutes les procédures liées aux risques d’inondation, l’entretien des cours d’eau (dépôts sédimentaires, berges, embâcles, végétation, déchets, etc) la perméabilité des sols, l’assainissement et la gestion des eaux pluviales, la responsabilité et le contrôle des syndicats gestionnaires des cours d’eau et bassins versants.

 

Les remèdes préventifs et défensifs : Pour les inondations, l’endiguement est une protection ancestrale réputée comme efficace. Malheureusement, l'état des digues* laisse souvent à désirer et en cas de rupture, le remède risque d’être plus grave que le mal. 

Des établissements spécialisés comme l’Établissement Public Loire aide les collectivités, les entreprises et les EPCI à bien gérer la prévention des inondations sous forme de diagnostics. 

Pour les eaux pluviales, il faut travailler sur plusieurs principes : l'évacuation rapide (pente), le stockage pour des utilisations diverses et le retardement de l’évacuation. A l’instar de ce qui se pratique pour les réseaux gaz, la tuyauterie représente une certaine capacité de stockage. Donc, au moment de la conception ou de la rénovation, il ne faut pas hésiter à surdimensionner le diamètre des conduites. Certaines villes ont innové en réalisant une gestion centralisée des eaux pluviales (vannes à guillotine, bassins de rétention, maillage, réseau de capteurs, assistance informatisée pour réguler l’évacuation des EP, caméras (smart city). 

Toutes les solutions seront mises en œuvre pour empêcher l’inondation et en cas d’échec ou d’impossibilité, il faut se préparer à en minimiser l’impact et à optimiser la remise en route des installations et de l’activité en utilisant une check-list d’interventions.

 

La loi GEMAPI :  La loi MAPTAM du 27 janvier 2014 donne désormais compétence aux Établissements Publics de Coopération Intercommunales (EPCI) à fiscalité propre à compter du 1erjanvier 2018 de gérer principalement : l'aménagement d'un bassin ou d'une fraction de bassin hydrographique, l''entretien et l'aménagement d'un cours d'eau, canal, lac ou plan d'eau, y compris les accès à ce cours d'eau, à ce canal, à ce lac ou à ce plan d'eau, la défense contre les inondations et les raz de marée et la protection et la restauration des sites, des écosystèmes aquatiques et des zones humides ainsi que des formations boisées riveraines. 

 

L’innovation et la veille technologique : La mise en commun des bonnes pratiques et des expériences sera de nature à optimiser les solutions à mettre en œuvre en fonction des spécificités du territoire. Voilà un chantier pour des organismes comme France Urbaine. À partir d’une veille organisée et méthodique, il s’agit d’établir des rubriques et des fiches techniques (actions) décrivant les installations pour équiper la ville de demain.

 

Indicateurs : Selon l'ADEME, les indicateurs trouvent leur intérêt dans la vulnérabilité selon 7 rubriques à savoir : physique, environnementale, économique, sociale, sanitaire, culturelle et institutionnelle. Certains organismes gèrent des indicateurs de leur spécialité. Pour obtenir une administration dynamique, il convient, dans le cadre de l'Open Data, de construire une application ad hoc et récupérer les données là où elles se trouvent, de créer celles qui n'existent pas et d'administrer l'historique. 

 

Conclusions : L'assainissement et les eaux pluviales sont en règles générales gérées par les Communautés de communes ou les métropoles. Malheureusement, ces thématiques attirent peu d'élus et c'est bien regrettable car, comme on vient de le voir, elles renforcent le confort et la sécurité de nos concitoyens, protègent le bâtit et les équipements tertiaires et industriels. Pour s'en convaincre, il suffit d'avoir vécu une seule fois dans sa vie, une inondation.

 

Rappel thermodynamique****:

  • La chaleur sensible est celle ressentie par le corps humain ;
  • Le réchauffement de l’air favorise l’évaporation (chaleur latente de vaporisation) ;
  • Plus une masse d'air contient de l'eau et plus elle contient une quantité de chaleur importante. Et donc plus cette masse d'air humide possède une inertie thermique élevée. 
  • Une atmosphère riche en eau accroît encore sa quantité de chaleur 
  • Plus la température augmente, plus l'air devient léger. 
  • Plus l'humidité augmente, plus l'air devient léger. 

Notes et références

* Définition de la digue selon "France Digue"

"un ouvrage continu longitudinal par rapport au sens de l'écoulement de l'eau, généralement de grande longueur, surélevé par rapport au terrain naturel et destiné à s'opposer au passage de l'eau ou à la canaliser. Chaque digue est divisée en tronçons relativement homogènes."

** Ecocités et conséquences des inondations : Nicolas-Gérard CAMPHUIS directeur du CEPRI

*** Site Internet les-smartgrids.fr

**** Site internet : https://effetdemasse.weebly.com/chaleur-latente.html

***** si quelqu’un pouvait me fournir les coordonnées de l’imbécile qui a eu la mauvaise idée d’implanter les prises de courant dans les plinthes. Ça m’arrangerait car je voudrais porter plainte contre lui !

SUCCESSION DE CRISES OU CHANGEMENT D'ÈRE

Par Yves MASSOT - Mis à jour le 28 mars 2020

Le jeu de la vérité : Beaucoup d’hommes politiques et de médias passent l’essentiel de leur temps à nous parler des crises successives que nous traversons et à cet égard, les qualificatifs et les commentaires vont bon train. « Crise conjoncturelle ou structurelle, crise de confiance ou crise politique ». Je stoppe mon énumération ici car je risque de vous importuner et d’en oublier. À ce petit jeu, les meilleurs économistes les plus zélés se sont décrédibilisés. J’ai une pensée émue envers Jacques Attali, économiste et conseiller de François Mitterrand, qui, au lieu de manger son chapeau à chaque fois qu’il s’est trompé, aurait mieux fait d’aller rendre visite à Madame Soleil ou consulter Geneviève Tabouis (attendez-vous à savoir…)

Le journal les échos du mardi 28 février 2012 titrait encore à la une « Et si nous traversions une troisième crise pétrolière ». N’écoutons plus les défaitistes, les pessimistes et autres alarmistes. Nous sommes entrés depuis plusieurs années dans une profonde mutation et le véritable discours politique consiste à en définir le contour. 

L’économiste Italien Antonio Gramsci (GRAMCHI) qui n’était pas vraiment très ami avec Benito, a dit en 1930 : « La crise, c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître ».

 

Changement : la démographie mondiale galopante : Entre 1960 et 2011, La population mondiale est passée de 3 à 7 milliards.

Claude LEVY-STRAUSS a déclaré peu avant de nous quitter : « Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai connu, celui que j’ai aimé, avait 1,5 milliard d’habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d’humains ; ce n’est plus le mien. » Il a résumé en quelques mots simples, le sérieux talon d’Achille de notre monde en ce début de 21ème siècle.

L’ONU publie le 3 mai 2011 que l’humanité pourrait atteindre 9,3 milliards de personnes vers 2050, mais après avoir passé un cap de 10,1 milliards d’ici 2030 environ.

Le Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) précise que « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable. » A la place de l’adjectif « viable », j’aurai préféré un chiffre, ça aurait été beaucoup plus clair pour tout le monde. 

 

Le changement climatique : imposture ou vérité : Que l’on suive avec attention les travaux du GIEC ou qu’on adule ALLEGRE (Claude pour les intimes), que l’on conteste les causes du réchauffement climatique, les faits sont irréfutables. Le principe de précaution à cet égard doit s’appliquer et les mesures adéquats doivent être mises en œuvre sans attendre. Le protocole de KYOTO a placé les enjeux au bon niveau et des mesures « d’observance » ont été élaborées. Les orientations et les engagements du sommet de COPENHAGUE et des différents G8 et G20 qui ont suivis restent décevants pour ne pas dire attristants.

 

La COP 21 a été un vrai succès puisque 175 pays ont signé au siège de l’ONU l’accord de Paris sur le Climat afin de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 1,5 degré. WWF titre sur son site Internet « La transition énergétique dans le monde est en marche ». L’ère du charbon se termine, la fin de l’extraction des énergies fossiles est programmée. Tout était parfait, Laurent Fabius venait juste de classer son dossier aux archives des affaires courantes que Donald Trump reniait son engagement comme pour mieux fustiger l’Europe, sanctuariser l’économie de son pays, et fragiliser l’équilibre Européen en téléguidant Boris Johnson pour conclure le Brexit.

 

Je n’avais pas très bien apprécié pourquoi le Général de Gaulle avait ordonner le 9 septembre 1965 le retrait de la France de l’OTAN et inviter les Américains à rentrer chez eux. On est sur la même stratégie ; l’hégémonie persistante de la sacrosainte puissance Américaine ! « Mais bon Dieu, mais c’est bien sûr », nous aurait dit l’inspecteur Bourrel incarné par l’excellent Raymond Souplex. 

 

Changement : La raréfaction des énergies fossiles : Les faits sont là, les quantités restantes sont estimées et le rétro planning est établi. La course est engagée mais tout le monde ne s’est pas présenté sur la ligne de départ. C’est un enjeu fondamental pour le développement durable de notre planète. Une diversification équilibrée des ressources et des moyens de production énergétique associés à un programme d’économie d’énergie drastique sera notre planche de salut. A ce jour, aucun homme politique n’a pris ce problème au sérieux. En 1960, le Français consommait en moyenne sur l’année 1463 KW. En 2004, il consommait 7686 KW : depuis cette date, ce chiffre stagne et à même tendance à se rapprocher de la barre des 7500 KW.

 

Changement ! La recherche fondamentale et appliquée : Pendant très longtemps ces deux domaines ne cohabitaient pas bien, au contraire ; ils étaient en concurrence. Le milieu médical a fait évoluer les pratiques et on ne peut que s’en réjouir. Désormais, les pays et les continents collaborent sérieusement et efficacement face à telle maladie orpheline, type de cancer, épidémie ou pandémie. Au moment où je rédige ce chapitre, nous traversons une crise sanitaire grave avec le Coronavirus venu de Chine. La course contre la montre est engagée à qui trouvera le bon vaccin pour endiguer la prolifération de cette cochonnerie. Le soutien populaire aux différentes maladies rares tel que le téléthon a bien fait évoluer les mentalités. Tout seul on va plus vite à plusieurs, on va plus loin ! telle est la devise que les chercheurs ont désormais adoptée.

« Vous n’y pouvez rien messieurs, la Science est et demeure internationale » Albert Einstein

 

Changement ! L’innovation technologique : La RATP vient de mettre en service deux lignes de métro sans chauffeurs sur les lignes 1 et 4 du métro Parisien. Doit-on aussi rappeler l’existence de la voiture sans chauffeur de GOOGLE et le robot qui exécute des tâches sans programmation dédiée. 

A chaque exemple, nous errons entre étonnement et éblouissement. N’oublions pas, comme le soutient Marc GIGET, que le point de départ de l’innovation, c’est l’homme et l’aboutissement, c’est toujours l’homme.

L’intelligence artificielle va bouleverser notre quotidien et nous ne sommes qu’au balbutiement de cette nouveauté technologique. Est-ce un bien pour l’humanité ou un danger réel pour notre liberté, notre intégrité ou notre condition humaine ? J’aurai l’occasion d’y revenir car ce sujet est passionnant. Pour faire une comparaison basique, je vais tenter une métaphore. Moi qui adore bricoler, je peux affirmer qu’avec un marteau on peut faire mille et une chose. Cet outil peut prendre différentes formes selon l’usage et le métier. Par contre, on peut aussi fracasser le crane de son pire ennemi ; les criminologues considèrent alors que c’est un objet contondant… Vous voyez, il y a toujours l’eau et le feu, le chaud et le froid, l’intelligence et la bêtise, la bienveillance et le crime.

 

Changement : L’innovation - Nouvelle définition : Le Manuel d’Oslo édité par l’OCDE a catégorisé l’innovation en quatre rubriques ; 

  • L'innovation du produit : L'introduction d'un bien ou d'un service nouveau. Cette définition inclut les améliorations sensibles des spécifications techniques, des composants et des matières, du logiciel intégré, de la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles.
  • L'innovation de procédé : La mise en œuvre d'une méthode de production ou de distribution nouvelle. Cette notion implique des changements significatifs dans les techniques, le matériel et/ou le logiciel.
  • L'innovation commerciale : La mise en œuvre d'une nouvelle méthode de commercialisation impliquant des changements significatifs de la conception ou du conditionnement, du placement, de la promotion ou de la tarification, d'un produit.
  • L'innovation d'organisation : La mise en œuvre d'une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l'organisation du lieu de travail ou les relations extérieures de la firme

 

La 3ème édition de ce manuel évoque les progrès réalisés depuis la parution de la 1ère édition, étudie l’impact économique, prend en compte l’expérience acquise et, ce qui me paraît le plus important, établit les liens entre les différents types d’innovation à savoir :

  • L’innovation incrémentale : elle est de caractère mineur et impacte une évolution progressive du produit ou du service. Elle est difficilement perceptible et quantifiable.
  • L’innovation de rupture : elle concrétise une scission totale et irréversible dans les processus et la chaîne de valeur ; l’exemple le plus spectaculaire est l’Iphone.
  • Les révolutions technologiques : c’est toute l’économie qui est touchée et les risques sont majeurs ; nous connaissons les NTIC, demain nous aurons à connaître les NBIC (Nanotechnologies, Biologie, Informatique, Sciences Cognitives).
  • L’innovation fonctionnelle : consiste à introduire de nouvelles fonctions dans l’entreprise.
  • L’innovation de spécification : consiste à différencier l’innovation fonctionnelle et à la personnaliser pour mieux se l’approprier.
  • L’innovation de production : consiste à standardiser grâce aux technologies pour une meilleure maîtrise des coûts.

Les organisations qui s’imposeront seront celles qui assureront l’interopérabilité entre une gestion intégrale des connaissances, un usage généralisé de la veille ou de l’intelligence économique et un travail collaboratif et prospectif à partir d’outils performants tels que les TIC et les programmes ad hoc. 

 

Pour que l’innovation soit un facteur déterminant de la compétitivité de l’entreprise, il faut adopter trois grands principes :

  • Peu importe qui a l’idée pourvu qu’elle soit exploitée ;
  • Peu importe qui a le leader cheap pourvu que le modèle économique soit exploité ;
  • Peu importe de savoir qui va y gagner le plus pourvu que tout le monde y trouve son compte.

Les périodes de crise sont favorables à l’innovation et plus elles sont graves, plus les ressources doivent être mobilisées pour mettre en œuvre des solutions palliatives durables. Pour ce faire, L’innovation doit répondre à trois critères :

  • C’est ce qui est désirable par les utilisateurs ; 
  • C’est ce qui est possible par la technologie ;
  • C’est ce qui est viable avec le marché.

C’est bien le sujet de ce premier chapitre ; en effet, en ce début de 21ème siècle, nous traversons des crises majeures. Notre imagination, notre créativité et notre faculté d’adaptation doivent être à leur paroxysme.

 

Changement : d’une économie de marché vers une économie de service : Nous quittons progressivement l’économie de marché pour laisser place à une économie de service. Cette mutation n’épargne pas l’industrie automobile, comme beaucoup d’autres. Nous sommes passés en quelques années de la voiture statutaire à la voiture utilitaire, de la voiture propriétaire à la voiture partagée, de la voiture objet à la voiture servicielle. L’automobile doit désormais s’intégrer dans un concept global de la mobilité durable. Les statuts, les représentations et les usages sont en pleine mutation. Attention à la casse car il n’y aura pas de prime… 

 

Changement : De Gutenberg au Web 2.0 : L’industrie de l’imprimerie est en pleine difficulté. Le groupe Lasky (Mame) a été placé en liquidation judiciaire et le journal « Paru – Vendu » a aussi disparu… Nous entrons dans l’ère du numérique et les TIC révolutionnent beaucoup de choses.

Selon les statistiques officielles américaines, l’informatique et les télécoms ont été responsables des deux tiers de l’augmentation de la productivité depuis 1995. Les mêmes constatations ont été établies dans de nombreux pays, comme l’Allemagne, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, la Finlande, la France, le Japon, les Pays-Bas et la Suisse. 

Par ailleurs, les spécialistes s’accordent à dire que les TIC vont révolutionner l’enseignement. J’ai rédigé cette phrase bien avant que ne se déclare la prolifération du COVID-19 (j’ai effectivement été contraint de faire une pause rédactionnelle et je reviendrai dans les pages qui suivent sur les causes de cette césure). Cette nouvelle crise majeure va mettre en évidence notre retard en la matière mais je suis serein sur notre capacité à rebondir et à trouver des solutions palliatives voire correctives.

 

Changement : L'économie de la connaissance : Les responsables politiques de l’Union européenne ont admis qu’il fallait moderniser en profondeur l’économie européenne afin de conserver notre compétitivité vis-à-vis des États-Unis et d’autres grands acteurs de l’économie mondiale. En mars 2000 à Lisbonne, le Conseil européen a fixé l’objectif ambitieux de faire en sorte que : (je cite) « l’économie de la connaissance doit être la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale » L’innovation, les Technologies de l’information et de la communication incluant bien évidemment et l’intelligence économique constituent les trois fondements de notre nouvelle économie entrepreneuriale.

 

La gestion de l’information devient une nécessité pour la rendre pertinente accessible, lisible, légale, etc. Les Intranet, Internet, plate-forme collaborative, site Internet, base de données, cloud, et autres data-base doivent être soigneusement structurés pour rendre l’information la plus fluide possible. Les recherches et les extractions doivent être performantes et à la portée de tous. C’est terminé le temps ou le petit chefaillon faisait sa petite rétention d’information pour exercer magistralement son pouvoir !

 

L’information est passée du portable au quérable. Il faut désormais avoir ce principe en tête afin d’éviter d’être vite dépassé par les évènements. L’Internet est une fenêtre ouverte sur le monde et une porte d’accès au savoir ; quiconque réfute ces principes aura une fâcheuse tendance à imiter les excentricités de Diogène. Aérer votre vie, profitez de cet air nouveau. Internet est le nouveau passeport du savoir et l’antidote de l’isolement. 

 

Changement : Le client est roi : La société de consommation est, elle aussi, en pleine mutation. Les différentes lois sur le consumérisme, les associations de consommateurs, le besoin légitime de nos concitoyens d’améliorer leur qualité de vie et l’Internet ont participé à cet essor. Les enseignes de la grande distribution perdent leurs repères et les rentabilités s’amenuisent. Les associations de consommateurs militent et travaillent pour rendre le consommateur autonome, écoresponsable consom’acteur. Information, traçabilité, bilan carbone, proximité, choix, services et service après-vente, labellisation, comparaison, disponibilité, notation, qualité et Apps sont les mots clés du consommateur de demain. Par ailleurs, le commerce électronique est en développement exponentiel ; La FEVAD* estime à 100 milliards d’Euros le chiffre d’affaire du e-commerce pour l’année 2019 soit une augmentation de 13,4% depuis 2017 et les sites de comparaison de prix se multiplient. Là encore, les pratiques et les usages sont en plein bouleversement ! Il va falloir imaginer le commerce de demain… avant, pendant et après la vente. Le commerce multicanal a toute sa raison d’être et plus il y a de canaux, meilleur sera le taux de conversion. 

Presque 39 millions de français et 9 internautes sur 10 achètent sur Internet !

 

*FEVAD = Fédération du e-commerce et de la vente à distance

 

Dernière minute ; L’épidémie du coronavirus renforce le e-commerce, le Drive et la livraison à domicile ou le télétravail. Le ministre de l’économie a donné la tonalité des décisions stratégiques à prendre dès la fin de la crise. L’entreprise « sécable » ne sera plus de mise. Qu’est-ce qu’il faut comprendre par « entreprise sécable » : les services supports sont en France et la production est réalisée vers les pays à bas coût de main d’œuvre !  

« le défi c’est faire fi du pli pris ; le repli aura un prix mais tant pis. »

 

Changement social et sociétal : Le sociologue Daniel MERMET a réparti les individus en trois catégories : les moutons, les mutins et les mutants. Est-on vraiment radicalement classable dans une ou l’autre de ces trois M ? Je ne le pense pas car nous pouvons être un peu des trois à la fois à des degrés divers et dans des circonstances différentes ; l’important est d’être lucide et d’évoluer. Benjamin Franklin l’a dit autrement ; l’humanité se divise en trois catégories ; « ceux qui ne bougent pas, ceux qui peuvent bouger et ceux qui bougent »

 

L’activité du secteur industriel a fortement régressé au profit du tertiaire. L’espérance de vie continue à croitre ; à titre d’exemple, les centenaires en France pourraient passés d’ici à 2050 de 8500 à 120 000 personnes. Nous nous dirigeons rapidement vers des familles à quatre générations. Par ailleurs, le divorce augmente (44,7% des mariages en 2009 selon l’institut national démographique) et les familles recomposées aussi par voie de conséquence. Toutes ces évolutions ne sont pas sans poser de problèmes à moyen et long terme. 

On peut apprécier à sa juste valeur l’accueil qui a été réservé aux différentes tentatives de réforme sur les retraites en France ! Le Français souhaite avec de plus en plus de véhémence des améliorations de tous ordres et surtout de son pouvoir d’achat (gilets jaunes) mais refuse quasi systématiquement toutes les réformes.

 

Changement : du village gaulois à la mondialisation : Sur le plan géopolitique, économique et financier nous sommes très rapidement passés d’une approche territoriale à la mondialisation. Il n’y a qu’un seul original qui mène une politique de démondialisation. Dans les précurseurs de l’utopie, il y avait Platon et Aristote ; aujourd’hui, il y a Arnaud Montaubourg mais il ne joue pas tout à fait dans le même registre… Lorsqu’on parle de mondialisation, il faut évoquer l’économie certes, mais aussi la culture, l’information, la communication, l’environnement, l’énergie, le commerce, etc.


Les évènements sanglants du printemps arabe sont les prémices d’une volonté grandissante des peuples opprimés d’obtenir plus de liberté, de démocratie et de justice sociale ; bien ou mal exprimé mais c’est ainsi. Le mur de Berlin dit aussi le mur de la honte est tombé le 9 novembre 1989. A Quand la disparition de la grande muraille ?

 

Dans son discours du 24 janvier 2012 devant le Congrès sur l’état de l’union, Barak Obama a dit « Et en Syrie, il ne fait pour moi pas de doute que le régime d’Assad découvrira bientôt que la force du changement est irrésistible et qu’on ne peut écraser la dignité des gens »

 

Changement d’ère : Désormais, rien ne sera plus comme avant ! Nous devons intégrer le changement dans notre vie quotidienne. Je sais, ce n’est pas très Franco-Français… Il ne faut plus pleurnicher sur nos malheurs, se lamenter sur les effets néfastes des crises successives, ou regretter les 30 glorieuses. Nous devons imaginer ensemble notre avenir. Le paradoxe français réside en ce que les gens veulent des améliorations mais rares sont ceux qui acceptent le changement.

Nous devons impérativement remettre l’homme à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter c’est çà dire au centre de nos préoccupations. Notre responsabilité de citoyen est de choisir des hommes politiques capables de relever ce défi, de donner du sens et de la cohérence à leurs idées et à leurs actions afin de nous entrainer à participer activement à construire notre futur dans un climat de fraternité.

 

L'AVENIR ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCE

OU LE MIX ÉNERGÉTIQUE

Par Yves MASSOT - Mis à jour le 28 mars 2020

Bis repetita placent : Il ne s’agit pas de répéter à satiété « la transition énergétique, la transition écologique, la transition numérique » et se limiter béatement à regarder passer les trains, il faut se prononcer, s’engager et agir. 

 

Ce qu’il faut savoir : Toute production d’énergie a un impact néfaste sur l’environnement. Il faut faire des choix drastiques pour éviter l’irréversibilité. A cet égard, l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique est à proscrire dans l’état actuel de la technique utilisée. Elle est trop polluante pour le sous-sol (adjuvants) pour l’atmosphère (échappement de méthane) et le coût d’investissement par rapport à la durée d’extraction n’est pas satisfaisant.

 

La transition énergétique : La transition énergétique désigne une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l'énergie. C'est l'un volet de la transition écologique. Elle doit répondre à 5 grandes orientations :

  1. Diminuer massivement l’impact carbone
  2. Répondre à l’obligation de service publique et anticiper les évolutions.
  3. S’inscrire dans un nouvel ordre sociétal « le développement durable »
  4. Répondre aux impératifs de la démographie.
  5. S’inscrire dans la perspective d’une Europe Energétique.

L’heure des choix : Les choix sont difficiles à faire car la situation actuelle est complexe car les différents acteurs, experts et associations ne sont pas d’accord et il n’y a pas de solutions miracles. Des choix politiques devront être pris courageusement afin que le mix énergétique soit varié, équilibré et réponde aux besoins actuels et futurs des usagers.

 

Tordons le cou aux idées reçues : L’indépendance énergétique est un leurre car aujourd’hui, aucune source d’énergie n’est Française sauf le charbon (très partiellement). Si toute fois nous maîtrisons bien la production d’électricité nucléaire, nous importons la totalité du combustible (uranium). Le rendement des centrales nucléaires est le plus mauvais des systèmes de production d’électricité (32 à 33 %). Par contre, le projet des nouveaux réacteurs EPR permettra d’augmenter le rendement thermodynamique sur le circuit secondaire en augmentant la pression de 65 à 78 bars pour, in fine, améliorer le rendement global de 5 à 6 %. Pour RTE en 2013 les pertes ont représenté 11 TWh et environ 2,21 % de l'énergie transitée. Pour ERDF les pertes représentent 20 TwH soit 6% environ de l'énergie acheminée. 

 

La production et la consommation d’électricité : La production d’électricité ne représente que 22 % des énergies disponibles en France. Affirmer que le nucléaire représente 43 % « d’électricité primaire » relève de la malhonnêteté intellectuelle. La consommation d’électricité a augmenté de 430 % depuis 50 ans. Depuis 3 ans, la production nette d’électricité a légèrement diminué. La consommation par an et par habitant stagne depuis 2002 à environ 7700 kWh. Depuis lors, nous avons eu un pic en 2004 à 7734 kWh, et depuis une baisse sensible est à noter puisqu’en 2014 nous étions à 6939 kWh.

ÉNERGIE ET GÉOPOLITIQUE

 

1 - Vers une politique « glocale » : Les contraintes de la gestion de l’énergie électrique sont paradoxales car la source doit être la plus proche de la consommation (locale) alors que la logique de production doit être (globale). On pourra dire que la meilleure solution est glocale. A partir de cet axiome, un savant maillage doit être imaginé entre producteurs et consommateurs, ce qui inclut tous les problèmes de gestion de la qualité, de la quantité et de la régulation de l’énergie électrique ; c’est le travail de RTE.

 

2 - Vers une politique Européenne de production d’électricité : Le traité de Lisbonne a placé l’énergie au cœur de l’activité Européenne. La collaboration Franco-allemande a été significative dans la recherche sur les EPR. RTE, filiale d’EDF gère à l’heure actuelle 45 connexions avec les pays étrangers tels que l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, etc. Par ailleurs, la commission Européenne vient de proposer de renouveler et de renforcer l’entreprise commune « Piles à combustible et Hydrogène » lancée en 2008. Ce partenariat privé-public est doté jusqu’en 2020 d’un budget de 1,4 milliard d’Euros. Cette organisation a déjà permis de rassembler plus de 430 participants (146 organisations de recherche, 161 universités, 123 entreprises et l’air liquide préside cette entreprise commune).

 

3 - La mondialisation des ressources énergétiques et de la R&D : Aujourd’hui, EDF et ses filiales collaborent avec l’Angleterre, la Chine, les USA, l’Italie, la Pologne, les Pays bas et la Russie. D’ores et déjà, les travaux de recherche sur la pile à combustible sont partagés entre tous les chercheurs du monde entier. Selon les constructeurs de véhicules automobiles, les premières voitures électriques à partir de l’hydrogène et de la pile à combustible devraient être commercialisées à partir de 2015.

 

4 - Nouveaux usages – Nouvelles consommations : Les TIC et en particulier les appareils nomades viennent aggraver la situation de notre consommation. Il y a aujourd’hui 62 millions de téléphones portables en France. A ce chiffre, il faut ajouter les tablettes (Ipad et autres), les appareils photos, les jeux vidéo, les caméscopes, etc. Globalement, on peut dire que ces nouvelles consommations sont compensées par l’économie réalisée par les constructeurs de matériel blanc (lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, etc) grâce aux nouvelles exigences réglementaires de classement d’efficacité énergétique (et du renouvellement du parc). Néanmoins, l’évolution constante des TIC mériterait une analyse détaillée du parc existant et des évolutions annuelles des ventes afin d’anticiper les besoins énergétiques.

 

LES SOLUTIONS EN MATIÈRE D'ÉCONOMIE D'ÉNERGIE

 

1 - Le scénario NEGAWATT : Il prévoit un développement massif des économies d’énergie par le biais de mesures de sobriété et d’efficacité énergétique. La mise en œuvre de ce scénario aboutit à un effet positif sur l’emploi avec plus de 240 000 à l’horizon 2020 et 630 000 en 2030. Les secteurs du bâtiment et des transports sont les plus concernés. Lorsque le marché de l’immobilier leur est favorable, les promoteurs immobiliers n’hésitent pas à utiliser la vielle technique du bulldozer. La première ligne de tramway de Tours est à peine terminée que l’on peut recenser à Tours-Nord 30 chantiers en cours ou à venir (sans prendre en compte le nouveau quartier de Monconseil).

 

2 - La régulation diurne-nocturne : Cette vielle technique des premiers compteurs bleus doit être revue et corrigée (voir paragraphe sur le compteur LINKY) Le stockage de l’énergie issue de l’électricité est un élément de régulation du réseau et de l’optimisation du fonctionnement de nos centrales nucléaires. EDF doit avoir une politique plus ambitieuse sur le développement des tranches horaires et de la dégressivité des tarifs. La RT 2012 ne favorise pas le stockage de l’eau chaude sanitaire et cette erreur doit être corrigée. La voiture électrique représente aussi un gros potentiel en matière de stockage nocturne.

 

3 – La relève des compteurs à distance : La nouvelle génération de compteurs électriques, gaz et eaux va révolutionner les usages des consommateurs. Ils vont enfin disposer de la lecture leur consommation en temps réel, ils vont pouvoir ajuster leur contrat avec leur consommation, obtenir la facturation de leur consommation réelle, et bénéficier d’interventions simples à distance… L’expérimentation en milieu rural en Touraine a permis aussi de constater le dysfonctionnement de certaines installations… 

 

4 - La domotique : Elle reste une valeur sûre en termes d’économie d’énergie et de confort. Malheureusement, ses applications ne sont guère démocratisées car chaque constructeur a développé son propre système (propriétaire). La centralisation des systèmes de pilotage et de contrôle est de ce fait impossible. La i-domotique avec la box adéquate va-t-elle révolutionner ce marché ? Il faut l’espérer car les économies à réaliser à partir de cette technologie sont significatives. De plus, la possibilité de paramétrage par l’utilisateur à partir d’un ordinateur et les commandes à distances disponibles grâce à Internet et aux applications iPhone vont mettre les constructeurs au pied du mur.

 

5 - Le chauffage urbain : Peu significatif en matière d’économie d’énergie (environ 5%) mais très intéressant sur l’impact carbone, le chauffage collectif est une véritable solution pour dépolluer nos villes. Le PNAQ II (Le plan national d’affectation de quotas d’émission de gaz à effet de serre II) s’est traduit par une baisse des allocations de quotas de plus de 25 % pour le chauffage urbain et on enregistre pour toutes les installations confondues un excédent de quotas. En plus, le comptage de calories est désormais une technique élaborée qui permet d’individualiser la gestion. En 2011, il existait 473 réseaux de chaleur dont 15 de froid, la puissance installée est de 16962 MW, la longueur des réseaux est de 3 789 km, et il y a 2 153 374 équivalents logements livrés. Le réseau le plus représentatif est le CPCU (Paris). Le gros avantage du chauffage urbain est son adaptabilité aux énergies de substitution (biomasse, géothermie, pompe à chaleur, cogénération, etc). En 2011, 44% des installations utilisaient au moins une source d’énergie renouvelable et de récupération.

 

6 - L’éclairage public : C’est un vaste chantier en matière d’économie d’énergie car il faut remplacer toutes les lampes obsolètes et très énergivores par des ampoules haute performance et basse consommation, (norme Européenne EN 13201-1,2,3 et 4), mise en place des cellules astronomiques, des modules de gradation et des ballasts électroniques. 

 

LES TECHNIQUES EXPÉRIMENTALES A LA RESCOUSSE

 

1 - Soultz-la-forêt : Le projet visionnaire de Soultz-la-forêt dans le Bas-Rhin est en service depuis 1 an. On remonte de l’eau chaude à 200°C depuis un forage de 5 000m de profondeur afin de produire de l’électricité. Le rendement global de cette installation n’est pas bon mais il pourrait être notablement amélioré en adjoignant au réseau secondaire des installations agricole, agro-alimentaire et industrielle utilisatrice de chaleur.

 

2 - La ville de GUSSING : Située dans le sud-ouest de l’Autriche (4000 habitants) possède une centrale de gazéification du bois de 1 MW. Le biogaz est utilisé pour le chauffage urbain et pour alimenter des centrales électriques. La production annuelle est supérieure aux besoins des habitants (c’est une vieille histoire…le gazogène)

 

3 - Le projet d’ASTORGA : En Galice (Espagne) a associé la culture du taillis à courte rotation ou à très courte rotation (TCR ou TTCR) avec la gazéification des déchets de bois. TCR et TTCR → Saule, peuplier, eucalyptus, robinier, faux-acacia.

 

4 - La pile à combustible : le Japon est passé de la phase expérimentale à l’industrialisation et à la commercialisation d’unités domestiques. A ce jour 22000 unités ont été vendues.

 

5 - Les pays de Loire : Ils se considèrent être la terre d’accueil des EMR (Énergie Maritimes Renouvelables). Elles regroupent les énergies marémotrices, hydroliennes, houlomotrices, thermiques, osmotiques, Eoliennes, Biomasses maritimes.

Si on intègre les économies d’énergie comme une source d’énergie à part entière et à consommation globale constante, le nouveau mix énergétique pourrait s’envisager de la façon suivante :

EN CONCLUSION :

1°) l’élaboration d’un SCOT, d’un PLU et d’un PDU d’une ville, d’une communauté de communes ou d’une agglo doit impérativement être élaboré à partir de ces considérations et de ces orientations. La densification, les nouvelles constructions, la réhabilitation urbaine, les transports et les déplacements doivent intégrer ces nouveaux concepts afin que nous puissions nous orienter avec assurance vers un nouveau mix énergétique durable.

2°) Si on applique la diminution de la consommation d’énergie de 20% sur la consommation moyenne par an et par habitant, on obtient la valeur de 5775 KWh soit la consommation des années 88-90. Autant dire que ce challenge n’est pas très compliqué à atteindre si tout le monde s’y met et respecte les règles de bases. Quand Jacques CHIRAC a voulu diminuer le nombre de morts sur les routes, les bonnes mesures ont été prises et les résultats aujourd’hui sont au rendez-vous.

3°) L’énergie nucléaire ne peut être remise en cause tant que les ENR n’auront pas pris un essor significatif qualitativement, qualitativement et durablement.

4°) Le prix de l’électricité en France est une des moins chère de la zone Euro. La commission de régulation de l’énergie prévoit une hausse de 30% du prix de l’électricité. Il y a aujourd’hui trop de disparité du coût des différentes énergies. 

 

Ce billet a été réalisé grâce aux informations et aux articles produits par :

Negawatt : Global Chance et Négatep : associations de chercheurs et de scientifiques

Enerdata : Société d’expertise et de conseils

DGEC : Direction de l’énergie et du climat

UFE : Union Française de l’électricité (normes électrotechniques Françaises)

AREVA : Leader mondiale de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables

CEA : Commissariat à l’énergie atomique

RTE : Réseau de Transport électrique

LET : Laboratoire d’économie des transports

CIRED : Centre international de recherche sur l’environnement et le développement

CRE : commissariat de régulation de l’énergie (domaine juridique, économique et technique)

ADEME : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

DGEMP : Direction Générale de l’Energie et des matières Premières

INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques

CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique

L’air liquide

SNCU : Syndicat National du Chauffage Urbain

Et les différents articles de la presse nationale.

Et les sites Internet la-domotique.fr ; lesnumériques.com

Et milles excuses pour ceux que j’ai oublié.

EN VERT ET CONTRE TOUS

Par Yves MASSOT

Le pinceau à trois couches : Certains discours politiques nous inciteraient à peindre tout en vert pour voir la vie en rose ? Des petits malins, qui hier, étaient tout de rouge vêtu, se retrouvent aujourd'hui en habits verts (ce qui n'a rien d'académique) ; l'observateur averti ne se laissera pas berner. 

Certains déçus auraient trempé leur écharpe orange dans une mixture colorante pour lui concéder la couleur de l'espérance. Les poètes branchés déclament désormais le célèbre vers "le bonheur est dans le pré "vert" cours-y vite…" Je m'étonne que certains agitateurs professionnels n'aient pas encore entrepris l'arrachage des drapeaux bleu, blanc, rouge transgéniques pour les repeindre en vert. Doit-on aussi implorer Saint-Pierre et Lucifer afin, qu'eux aussi, transforment le paradis et l'enfer en uni-vert ! Par goût, j'aime bien cette couleur ; je la trouve très jolie mais pas du tout par conviction politique.

 

En vert et contre tous : Je déplore une dérive dans le discours et le positionnement politique des verts. Je partage complètement le sentiment de John BADEN, Président Foundation for Research on Economics and the Environnement et membre du conseil international du ICREI lorsqu'il écrit :

"Là où les choses ne vont plus c'est lorsque, au nom de leur conception d'un ordre écologique, ils entendent imposer aux autres la vision du marché par le moyen d'un état contraignant et tentaculaire" 

 

Haro sur le dogme !  Je note ce passage de l’essai du philosophe Thierry Paulmier « de l’utilité du dogme » 

 

Dogme et intolérance : On associe souvent dogme et intolérance. Être dogmatique ferait courir le risque d’être intolérant. Là encore, on se méprend totalement. En réalité, il faut d’abord être devenu dogmatique pour pouvoir prétendre être tolérant. Il faut avoir quelque chose à défendre pour être tolérant. Est tolérant celui qui en dépit d’avoir trouvé la vérité accepte que d’autres ne la reconnaissent pas comme tel, voire s’y opposent, et ne recourt pas à la violence pour imposer ses idées mais croient au dialogue et à la persuasion. En revanche, celui qui n’adhère à aucun dogme n’est pas tolérant, il n’a rien à défendre, il est juste indifférent. Il tolère toutes les opinions car il n’en a pas lui-même.

Dogme et action : Pour agir, il faut avoir les idées claires. Ainsi, selon Gustave Thibon (1976) « Il faut donc être ferme et intransigeant sur les principes et très souple et très nuancé dans l’art de les appliquer. Plus que cela : c’est la fidélité aux principes qui nous inspire le meilleur choix des moyens »

Haïr l’erreur, aimer l’errant : Le danger n’est donc pas dans le dogme mais dans l’amalgame entre l’erreur et l’errant. L’amour de la vérité entraîne nécessairement la haine de l’erreur. Mais ce n’est que lorsque cette haine contamine la relation à l’errant, que l’on tombe dans l’intolérance et le fanatisme.

 

La bonne stratégie consiste à prendre en compte les 27 principes retenus par la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable qui s’est tenue à Rio de Janeiro au Brésil du 3 au 14 juin 1992, de les intégrer dans nos principes de gestion, de management et systèmes de gouvernance et de les convertir en véritable valeur pour la promotion du progrès social et sociétal.

 

Développement durable ; un autre modèle de société : L'interdépendance de l'économie, du social et de l'environnemental et leur interopérabilité ne sont plus à démontrer mais simplement à rappeler sans cesse. On ne peut pas balayer tel ou tel pan de l'économie avec les feuilles mortes et semer du gazon à la place. Le développement durable ne doit pas se concevoir à grands coups de marketing politique, commercial ou industriel, ou par des promesses incantatoires voire par des programmes électoraux opportunistes. Il s'imposera par son intégration dans nos cultures et par une adhésion volontaire de toutes les personnes physiques, morales, publiques et associatives mais surtout pas par la contrainte.

 

La symphonie du nouveau monde : Nous avons une formidable opportunité pour influer sur notre destinée et celle de notre prochain. Le changement doit s'établir avec une planification stratégique drastique. Il faut imaginer des nouveaux systèmes de gouvernances modernes et adaptés, déterminer les étapes majeures, se fixer des objectifs ambitieux et créer de nouveaux indicateurs en corrélation.

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